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[+1]    #1 30/07/2022 13h48

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Bonjour à vous, Lecteur. J’ouvre cette file dans le but de mieux gérer mon portefeuille, d’abord en me forçant à une introspection salutaire doublée d’un reporting régulier, ensuite en recueillant, je l’espère, vos commentaires utiles smile
J’espère en particulier susciter des discussions fructueuses sur le seul invariant tactique de mes aventures patrimoniales : le value-averaging.

Chaleureux remerciements à Jef56 pour son accueil amical, son intérêt pour le VA, et ses encouragements appuyés à ne pas remettre à demain l’ouverture de cette file dédiée à cette tactique.

_________________________________________________
Objectif : quitter mon emploi au plus tard début 2027 en m’étant assuré 2 SMIC nets de rente et 500k€ de cash.

Allocation : tout en restant locataire, et en limitant strictement mon épargne de précaution à un mois de dépenses, utiliser l’effet de levier du crédit, les opportunités des marchés financiers, le pouvoir amortisseur de l’or. Ne pas dépasser 25% de SCPI, ne pas verser dans les lubies de l’époque (économie réelle, ESG, bitcoins, momentum, copy trading…), m’informer et me former pour faire moi-même.

Tactique : value-averaging de la poche actions, hypothèse de rendement : 7.5% brut par an.
(NB : allocation et paramètres ont pas mal varié, avant que succès, échecs, et saines fréquentations ne me guident vers les valeurs actuelles.)
Périodicité : mensuelle.
Rééquilibrage : annuel.
Début du projet : 16 mars 2017.
K de départ : 75k€ (= épargne en 17.5 ans de vie active).
Durée initiale : 10 ans.
Durée réévaluée en 2022 : 12.5 ans (entre autres causes : anticipation de la réforme des retraites, impact de l’inflation).

_________________________________________________
Perf annuelles (hors SCPI) :
2017 (depuis le 16 mars) : +12%
2018 : -1%
2019 : 24.4%
2020 : -13%
2021 : +33%

_________________________________________________
Situation au 31/12/21 : 217k€

Placements financiers : 206k€
Liquidités (mêmes enveloppes que la poche actions ci-dessous + livrets réglementés) : 3.6%

     Actions (AV, PEA, PEA-PME, PER) : 90%. 80% S&P500, 20% NASDAQ Daily x2 (peu ou prou depuis
     novembre 2020). Marginal : Mandarine Europe Microcap R
     Or (Bullion Vault) : 5%
     Crowdfunding immobilier : 5%

Immobilier (SCPI) : 116k€ (valeur de revente). PP (92k€, 2017) : Epargne Pierre, PFO. NP (24k€, 2021) : Corum Origin, Immorente.

Endettement  : -105€ (immobilier 88 k€, conso 17 k€).

Flux mensuel : +3k€ (2/3 investissement, 1/3 remboursement).

_________________________________________________
Voilà pour les données de départ. Et déjà une note pour moi-même :
revoir mes outils de suivi.

Dernière modification par Phaeton (30/07/2022 15h21)

Mots-clés : crowdfunding immobilier, cw8, or, portefeuille, scpi (société civile de placement immobilier), value-averaging

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Favoris 1    #2 30/07/2022 14h59

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Je ne sais pas pour vous mais voilà une stratégie de bon sens le value-averaging! Elle est je trouve plutôt passée sous les radars sur le forum.
C’est sûr que sur un marché haussier pendant plusieurs années, son intérêt était plus limité et s’apparentait à du DCA, dollar cost averaging.

Certains l’ont mentionné dès 2012 comme Philou mais sans en faire vraiment l’article.
D’autres l’ont appliqué sans lui donner son nom.
Il est vrai que par certains aspects c’est un peu comme avec la prose de M. Jourdain, on l’applique tous sans la nommer.

Merci Phaeton de la remettre au centre du village.

J’ai beaucoup de commentaires à faire sur cette trouvaille, je ne manquerai pas de compléter mon message.

Tout d’abord donc, il me semble que nous faisons tous du value-averaging sans forcément le nommer.
Certains l’appliquent de façon plus ou moins sophistiquée et d’autres encore en utilisent les ressorts mais avec des applications plus restrictives.

Par exemple, "buy the dip", c’est du value-averaging, "garder de la poudre", c’est du value-averaging, "dégager des liquidités", c’est du value-averaging, "reconstituer ses réserves", c’est du value-averaging, "renforcer la pus mauvaise ligne du portefeuille", c’est du value-averaging. On pourrait continuer.

Ce qui pourrait différencier une VRAIE stratégie de value-averaging, c’est la discipline et l’application stricte de règles de gestion.
Le membre Jean Marc qui rebalançait son portefeuille selon des flux de trésorerie, on pourrait dire aussi que c’était du value-averaging.

Donc l’article en lien dans le post de Phaeton présente le principe de façon claire dans un tableau qui vaut mieux que des mots.



Le principe est de se fixer un montant d’appréciation de son portefeuille et selon ce montant pré-défini de renforcer plus ou moins selon la valorisation du portefeuille.
Si le portefeuille baisse, on renforce beaucoup, si le portefeuille se valorise, on renforce peu.

C’est une stratégie qui peut être limitative en période de fort momentum: on va moins investir alors que le momentum est bon et qu’on aurait pu profiter en période n°2 de l’investissement réalisé en période 1…
En période de baisse des marchés continue, la méthode atteint aussi vite ses limites. Quand le portefeuille se déprécie, on renforce plus, mais les liquidités sont limitées et on a finalement très vite atteint la fin de l’exercice par manque de liquidités en période 3 ou 4 alors que le marché continue de baisser…

Dans une situation de marché volatile comme aujourd’hui, elle peut par contre donner tout son potentiel.

C’est donc une méthodologie imparfaite et Phaeton nous propose de chercher à l’optimiser du mieux possible en essayant d’éliminer la variable inconnue dans cette stratégie: le market timing.

Comme le dollar cost averaging, le value-averaging, avec les limites que l’on vient d’évoquer a pour but de nous affranchir du market timing tout en ayant une gestion active de notre portefeuille pour superformer une pure stratégie de buy’n hold.

Il faudra donc discuter de comment avoir suffisamment de liquidités au bon moment?
Comment reconstituer ses liquidités quand on n’en a plus?
Comment conjuguer la méthode de DCA et de VCA (value cost averaging, autre nom du value-averaging) pour limiter les effets de bords sur certaines configurations de marché?
Sans pouvoir complètement s’affranchir du market timing, quels indicateurs peuvent orienter cette stratégie?
Comment cette méthodologie s’articule avec la diversification d’un portefeuille? A quel moment rebalancer pour ré-équilibrer son portefeuille?
Comment éviter les value traps que cette méthodologie pourrait nous faire favoriser?
Comment éviter les "couteaux qui tombent" avant qu’ils se soient planter au sol?

On ne va pas ré-inventer le fil à couper le beurre, ni attribuer ce qui existe déjà par ailleurs à cette stratégie qui n’est donc pas nouvelle.
Mais je trouve intéressant d’avoir un nom ombrelle pour réunir toutes ces pratiques de bon sens et surtout de mettre un nom sur une stratégie dont l’objectif serait d’éliminer le plus possible le discrétionnaire.
L’intérêt pour moi est d’avancer dans la recherche illusoire d’une méthodologie infaillible pour battre le marché. Cela n’existe pas, on le sait (cela enlèverait l’intérêt même des marchés si l’information était déjà parfaite). Le principal intérêt de nommer cette stratégie pour moi est qu’elle peut recueillir beaucoup de stratégies de bon sens (basiquement des stratégies de renfort sur baisse passagère) et qu’elle souhaite exclure (mais le peut-elle vraiment?) notre pire ennemi: le market timing et toutes les méthodes discrétionnaires que nous adoptons les uns et les autres et qui se résument souvent à la simple chance non reproductible.

Dernière modification par Jef56 (30/07/2022 15h39)


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#3 30/07/2022 15h38

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Bonjour,

Il faudrait également préciser sur quel type de portefeuille l’appliquer. A mon sens, cela s’applique plus facilement si on a une ligne d’ETF World que si on a 40 titres vifs dont on ne saurait plus laquelle renforcer.
De plus comme vous le dites :

Jef56 a écrit :

Par exemple, "buy the dip", c’est du value-averaging, "garder de la poudre", c’est du value-averaging, "dégager des liquidités", c’est du value-averaging, "reconstituer ses réserves", c’est du value-averaging, "renforcer la pus mauvaise ligne du portefeuille", c’est du value-averaging.

On peut être tenté plus régulièrement de déroger à son process en fonction de l’état du marché. Cela nécessite donc une discipline encore plus importante que pour le DCA. Sans compter les fonds pour renflouer le tonneau des danaïdes en cas de krach massifs.

Je vous joints également cette comparaison empirique faite sur le S&P 500 et Nasdaq 100 entre 2015 et 2021.

Elle conclue que la stratégie VA offre la meilleure performance relative (meilleur ROI) tandis que la stratégie DCA offre la meilleure performance absolue (en dollars).

Le ROI c’est bien mais à la fin c’est bien la quantité de cash qu’on a gagné qui compte.

bien à vous,

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#4 30/07/2022 15h52

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Merci Selden du lien.
Cela illustre tout à fait que en période de momentum haussier le value-averaging peut nous limiter dans notre vitesse d’investissement.

C’est une question de curseur bien sûr, et de paramètre de renfort avec comme inconnue le niveau de liquidités à disposition en cas de baisse pour ne pas sortir de la stratégie.

Il apparaît aussi intuitivement que cette stratégie de value-averaging n’est pas tenable en cas de krach boursier.

Il faut trouver des points d’optimisation.

Personnellement j’étais très enthousiaste sur un outil "météo des marchés" que proposait la défunte fintech Marie Quantier et qui offrait 4 situations de marché en fonction de paramètres macro (croissance PNB, taux d’intérêts…) mais aussi micro (PER, guidance, résultats au-dessus du consensus, etc…) et de marchés financiers (momentum, moyennes mobiles…).

En fonction de la situation de marché dans laquelle on se trouve le curseur entre 100% DCA et 100% VCA est positionné différemment.

Dernière modification par Jef56 (30/07/2022 15h56)


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#5 30/07/2022 16h17

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Selden a écrit :

cela s’applique plus facilement si on a une ligne d’ETF World que si on a 40 titres vifs dont on ne saurait plus laquelle renforcer.

Entièrement d’accord avec vous : ce n’est pas applicable à tous les portefeuilles. Pour ma part, j’ai "jonglé" avec un maximum de huit balles. Mais c’était en assurance vie, donc facile d’arbitrer à l’euro près. Sur PEA, je ne l’ai pas fait avec plus de 2 ETF.

Jef56 a écrit :

comment avoir suffisamment de liquidités au bon moment?
Comment reconstituer ses liquidités quand on n’en a plus?

Pour les krach, j’avais ajouté une couche de procédures supplémentaires pour déclencher des arbitrages en cas de mouvements de grande ampleur. Ca a remarquablement fonctionné pour Covid (la perf 2020 ne le reflète pas, car il n’y avait pas que ça dans mon portefeuille) et pour l’Ukraine.

A la baisse : investissement de 100% des liquidités, par quarts, en quatre paliers prédéfinis. (De mémoire, et pour les ordres de grandeur, à peu près -7.5%, -16%,-24.5%, -33% par rapport à la dernière échéance ; paliers établis à la lumière des performance passées des fonds de la répartition retenue).
Quand il n’y a plus de liquidités ? Vraiment ? il n’y en a plus ? Et bien dans ce cas on est vraisemblablement au fond du trou, et ça ne va pas tarder à remonter smile
Autrement dit, la question n’est pas de savoir si j’aurai assez de liquidités pour mourir avec ma règle, mais de savoir si je serai capable d’investir TOUTES mes liquidités pendant une baisse massive, SANS essayer d’investir au plus bas.

A la hausse (par exemple) : sécuriser à chaque fois la valeur de deux versements quand la valeur instantanée dépasse cible + 2 * versement.

Le challenge auquel j’ai été confronté dans tout ça a été de vouloir optimiser (manie) sans laisser les émotions rentrer par la fenêtre.

Plus récemment, ayant épuisé mes liquidités (pour des raisons annexes, le flux entrant s’est quelque peu tari ces derniers temps), j’ai juste remis à zéro le compteur. Je n’ai plus de liquide à réinjecter alors que la règle dit que je devrais le faire ? C’est que la règle "se trompe", et que la valeur actuelle devrait être ma valeur cible…

Enfin j’admets sans peine que quand une règle de deux lignes est suivies de deux pages d’exceptions, il y a peut être un problème de méthode  big_smile

Evidemment, le but étant de présenter la méthode, je vais fouiller dans les avis d’opéré pour montrer ce que ça a donné in situ

Dernière modification par Phaeton (30/07/2022 17h49)

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Favoris 1   [+1]    #6 31/07/2022 15h15

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Je n’ai pas jusqu’à présent utilisé de "méthode" mais comme souvent "géré" à la petite semaine, sans trop de discipline.

Je souhaite continuer à ne pas trop m’investir personnellement. J’aime bien voir mon patrimoine grandir, mais je n’ai pas de plaisir particulier à analyser des entreprises ou même à optimiser une stratégie de portefeuille (diversification, rebalancement, etc…). Je suis à la recherche de la stratégie la plus simple, qui puisse fonctionner même si je n’ouvre pas mes applications pendant 2 mois (retours aux sources si vous lisez le premier post de mon ancien portefeuille aujourd’hui disparu, RIP). Certains ne me croiront peut-être pas sur parole, moi-même j’ai mes doutes, mais c’est quand même l’idée!

Le DCA et le value-averaging permettent d’avoir ce type de stratégie lazy, adoptée sous une forme ou une autre par beaucoup de portefeuilles.

En ce qui me concerne, sur les assurances vie, c’est investissement en DCA sur ETFs tous les mois. Rien à dire de plus et rien à voir, le prélèvement est automatique, tout est autonome tant que le salaire tombe sur le compte. C’est donc du pur DCA.

Pour l’argent discrétionnaire qui aujourd’hui pour moi se résume à mon portefeuille de crypto-monnaies, j’aimerais quelque chose de plus élaboré.
Pour tout ce qui suit, je ne redonnerai pas à chaque fois les alertes mais je le dis une fois en introduction: c’est risqué, vos capitaux ne sont pas garantis, les "exchanges CEX" font faillites et tombent avec votre argent plus souvent que les réévaluations du taux du livret A, les stable coins peuvent ne pas être stables et ne plus rien valoir du jour au lendemain… C’est certainement un environnement encore jeune jonché de pièges et pas pour tous les portefeuilles mais il se professionnalise très vite avec de plus "l’aide" des régulateurs des différents pays.
Je passe aussi sur la valeur intrinsèque de ces supports qui pour beaucoup de personnes est inexistante et qui peuvent à juste titre dérouter un investisseur professionnel. D’ailleurs plus l’investisseur sera éduqué et plus il sera circonspect à propos des crypto-monnaies. C’est comme le Trumpisme, la vérité est ailleurs; ce ne sont plus les faits mais les croyances qui rendent possible ce qui paraissait impossible (jusqu’au clap final biensûr mais qui peut être (très) long à survenir voire même pas avant la fin du monde pour les climato-sceptiques).

Je ne donnerai pas non plus spécifiquement de montants parce que ça n’apporte rien à mon exposé et les valeurs sont tellement volatiles 😀 que le chiffre d’aujourd’hui serait complètement obsolète demain!

Les crypto-monnaies permettent de mettre en place une stratégie de value-averaging. En particulier elles permettent de s’affranchir du principal écueil: en période de baisse, je n’ai pas suffisamment de liquidités pour renforcer.

En effet lorsque le bitcoin (BTC) passe de $20000 à $60000 puis $20000 en six mois il est difficile de mener une stratégie value averaging avec les deux écueils principaux que nous avons vus: ne pas profiter du momentum et ne pas avoir assez de liquidités pour suivre la baisse.
C’est pourquoi une stratégie simple de value averaging n’est pas suffisante.

Avec des actifs volatiles, il faut garder une part de DCA pour ne pas se limiter à pouvoir profiter d’un momentum fort. En effet en application stricte d’une stratégie VA comme le post de Selden ci-dessus l’a très bien démontré, chiffres à l’appui sur une période de momentum, la croissance naturelle du portefeuille va limiter nos achats et donc limiter le potentiel de hausse lorsque ces achats en période 1 que nous n’avons pas faits ce seraient naturellement appréciés avec le momentum en période 2.

Première étage de la fusée: une part de DCA.
Si en plus d’une stratégie value-averaging on y met du DCA, il va falloir en effet beaucoup de liquidités!
Prenons une capacité d’épargne de 100 mensuelle, pour cette poche discrétionnaire.
Nous en mettrons 50 pour faire du DCA automatique à échéances régulières. Toujours parce que ce sont des supports très volatiles, je pense qu’une échéance hebdomadaire voire journalière en fonction des montants et des frais de transaction fixes est plus appropriée.
Personnellement je suis sur des investissements hebdomadaires, sur 4 coins différents (par ordre de grandeur CRO, ETH, BTC, BNB) et sur des jours de la semaine différents. J’ai prévu de laisser s’arrêter les renforts de CRO quand je n’aurai plus de liquidités disponibles sur la plate-forme crypto.com d’ici la fin de l’année.

Deuxième étage de la fusée: des liquidités rémunérées.
Les 50 restant de la poche vont être utilisés à se constituer une réserve de cash pour pouvoir appliquer la partie value-averaging quand le marché baisse, et il faut beaucoup de liquidités idéalement car le marché peut rester longtemps baissier (les cycles sont de 3 ans en général mais avec le développement de l’économie numérique, ils vont probablement se raccourcir).
La grande question est bien sûr quelle part idéalement de liquidités sachant que en général les liquidités c’est de l’argent qui dort pour le dire autrement. Et de l’argent qui dort ne travaille pas.
C’est là où se trouve je pense la grande innovation des crypto-monnaies: l’argent ne dort jamais avec cet écosystème.
Il est possible de garer ses liquidités dans des stable-coins qui eux-mêmes pour une durée de blocage limitée (généralement 1 à 3 mois) peuvent rapporter 10% (c’est un rendement conventionnel, sans mettre en oeuvre de stratégie de yield farming et de degen farming élaborée). Par exemple sur NEXO, vous pouvez en 3 clics donner vos stable coins pour un rendement de 10% avec une limite confortable jusque 1 million usd.
10% de rendement sur l’euro ou le dollar, c’est mieux que la tendance long terme des marchés financiers.
Il est donc possible de garer beaucoup de liquidités sans pour autant les laisser dormir et c’est ce qui rend la stratégie de value averaging réalisable.

Le loup bien sûr en plus de l’alerte indiquée en introduction est que ces rendements ont tendance à ne pas durer et être revus régulièrement à la baisse chez les différents échanges. La stratégie n’est donc pas viable sur du très long terme et devra être revue.
Pour rappel, comment font ces échanges pour proposer ces rendements indécents? La réponse est multiple: ils prennent des risques avec votre argent (on l’a vu avec les nombreuses faillites dans le secteur, ils ont tous plus ou moins joué avec votre argent dans votre dos), ils considèrent que c’est du marketing et donnent des rendements élevés pour attirer le chaland, ils se financent sur leur propre coin ou d’autres projets qui distribuent des monnaies de singe, aspirateur de bonnes liquidités, transformées en billets de Monopoly. Ce cercle fonctionne à merveille dans un environnement haussier (les bulles sur n’importe quel shitcoin enrichissent tout l’écosystème qui peut rémunérer grassement les stable coins), beaucoup moins dans un cycle baissier (nombreuses faillites lors du krach actuel et beaucoup d’argent perdu définitivement pour les investisseurs). Il y a donc aussi des devoirs à faire et une part de chance pour éviter les opérateurs les plus faibles et dangereux et rester avec ceux qui gardent la tête sur les épaules et ne prennent pas votre argent pour le leur.
Certains coins ont une utilité dans l’économie réelle et peuvent obtenir une "valeur" à la différence des shitcoins qui ne sont que le moyen moderne et le plus parfait pour mener un montage Ponzi.
300 millions d’entre nous ont un pied dans l’écosystème crypto, nous serons 1 milliard à la fin de cette décennie d’après les dernières projections du BCG. Ca fait beaucoup de monde au portillon, imaginez ce que Madoff aurait pu faire s’il avait eu autant de clients dans le club privé où il chassait…

Troisième étage de la fusée: l’application d’une stratégie value-averaging
C’est bien beau tout ce blabla, mais je n’ai pas encore décidé comment appliquer le value-averaging sur le portefeuille crypto.
Pour éviter une usine à gaz et pour commencer, je vais choisir des règles simples à suivre.
Sur les 50 de capacité d’épargne dégagés pour cette enveloppe, je vais en garder 25 pour accumuler dans la possibilité d’un krach et 25 que je vais utiliser en value-averaging chaque mois.
On est sur des supports très volatiles et avec des momentum qui peuvent être très forts, du coup, le seuil d’intervention du value-averaging n’est pas forcément un seuil négatif de perte de valeur, mais peut être un seuil de faible progression.
Si au mois nn+1, la valeur de BTC est supérieure à celle du mois nn de plus de 5%, je ne fais rien. Seul le DCA a été ajouté au momentum. Le reste est mis en liquidités.
Si au mois nn+1, la valeur de BTC est inférieure à celle du mois nn de 5% ou plus, alors je réinvestis les 25 directement sur le coin qui a le plus baissé ou sur le BTC (à voir à l’usage).
Ca va être le plan de base sur lequel je vais essayer de construire la progression future de mon portefeuille crypto. Il faut encore affiner quelques paramètres. Je reprendrai cette discussion probablement sur la file de mon propre portefeuille pour ne pas pourir celui de Phaeton même s’il a généreusement ouvert sa file à mes commentaires (jusqu’à ce jour en tout cas 😬).

Quatrième étage de la fusée: récupérer des liquidités
Pour renforcer ses liquidités (potentiellement, il n’y en a jamais assez), que ce soit pour pouvoir profiter d’un hypothétique krach ou pour vivre de ses rentes à la retraite, surtout si elles sont durablement rémunérées à 10% (plus les crypto deviendront mainstream et moins il y aura de rendements élevés, cela ne durera qu’un temps), nous pouvons adopter une stratégie de prise de bénéfices.
A intervalle régulier, on vend des cryptos (idéalement lorsqu’elles sont hautes) pour ajouter ou reconstituer de la liquidité.
Ce comportement va forcément limiter l’effet momentum puisque nous sortons d’un actif avec des rendements potentiels très élevés pour un rendement de 10% (dans l’exemple de ce jour). Mais à moins d’être devin, on sait que l’on ne peut pas vendre au plus haut et acheter au plus bas.
Pour limiter cette perte de rendements, on peut augmenter le DCA suite à une vente, pour récupérer plus rapidement le train duquel nous venons de descendre.
A quelle vitesse? Cela reste aléatoire. Simplement on met plus de chances de son côté. En sortant régulièrement de marchés très volatiles pour y revenir en force rapidement, on joue sur du market timing en se donnant la possibilité de "se protéger" d’une forte baisse tout en ratant une partie du momentum. C’est une gestion active qui limite le risque un peu sans perdre trop de momentum en contrepartie.
Les frais minimes de transaction de la plupart des blockchains permettent ce genre de stratégie.


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[+1]    #7 31/07/2022 15h52

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@Jef56, le sujet, décidemment, vous inspire smile smile
A vos approfondissements, je voudrais ajouter un semblant de vulgarisation. En effet, quand, aspirant IH, je compulsais le forum en quête de conseils de méthode, je n’y trouvais rien d’autre que les deux  "extrêmes" peu séduisants à mes yeux que sont DCA et trading actif.

Voici donc le détail des actions menées dans le cadre du value-averaging de mon portefeuille d’ETF au cours des sept premiers mois de 2022, période de forte volatilité dans laquelle la méthode proposée a généré un gain par rapport à l’indice suivi. (Voir ici)

Rappels :
J’effectue le
value-averaging mensuellement, le dernier vendredi du mois, à la clôture.
Mon rendement-cible est de +7.5% par an.
Je verse 2000€ par mois.


Bon, ça, c’est la théorie. smile
En cas variations importantes en cours de mois, j’achète ou vends, suivant des règles plus ou moins formalisées. Un des buts du présent suivi est de mesurer l’effet de ces ordres exceptionnels, dont l’effet global positif sur les sept premiers mois 2022 cache un certain nombre de ratages.

Janvier 2022 - Réduire la volatilité en prévision d’une poursuite de la baisse. (++)

CW8 : -6.82%. Clôture du mois : 405.31€
Total des mouvements du mois :
Investissement de 11334€ au cours moyen de 401.22€
     Cours moyen d’achat : 400.00€
     Cours moyen de vente : 405.30€

Indépendamment du fait que c’est fin janvier que j’ai modifié la structure de mon portefeuille, passant de 80% PSP5 + 20% LQQ à 100% CW8, on observe le fonctionnement du value-averaging, une forte baisse de l’indice se traduisant par un fort réinvestissement. C’est pur hasard si les achats ont été réalisés légèrement sous le cours de clôture.

Février 2022 - Vente sur rebond dans un marché baissier. (++)

CW8 : -0.64%. Clôture du mois : 402.69€
Total des mouvements du mois :
Désinvestissement de 3159€ au cours moyen de 409.29€
     Cours moyen d’achat : 406.75€
     Cours moyen de vente : 410.83€

Désinvestissement, alors que l’indice baissé. Cela s’explique par une vente en début de mois à un cours bien plus élevé que la clôture du mois (et du mois précédent). Un mouvement exceptionnel qui s’apparente à un market-timing gagnant.

Mars 2022 - Dip-buying chanceux. (+-)

CW8 : +4.88%. Clôture du mois : 422.34€
Total des mouvements du mois :
Investissement de 823€ au cours moyen de 404.75€
     Cours moyen d’achat : 392€
     Cours moyen de vente : 419.03€

Idem, exploitation d’un creux exceptionnel, procédure / market-timing gagnant. En revanche, une vente sur hausse le 18 mars est un market-timing perdant.

Avril 2022 - Pas d’automatisation du passage d’ordre. (--)

CW8 : -2.29%. Clôture du mois : 412.66€
Total des mouvements du mois :
Investissement de 3331€ au cours moyen de 415.87€
     Cours moyen d’achat : 415.87€
     Cours moyen de vente : -

Pas de mouvements exceptionnels. L’indice baisse, le value-averaging fonctionne, je réinvestis plus que mon versement mensuel pour compenser la baisse. Par contre, j’achète trop cher, ayant "loupé" la clôture le vendredi. (Oui. Parce que ce n’est pas automatisé… hmm)

Mai 2022. Agitation stérile. (--)

CW8 : -3.17%. Clôture du mois : 399.58€
Total des mouvements du mois :
Investissement de 7664€ au cours moyen de 399.37€
     Cours moyen d’achat : 399.14€
     Cours moyen de vente : 402.28€

L’indice baisse, je réinvestis plus que mon versement mensuel pour compenser la baisse. 4 ordres au total, là où un seul aurait suffi => frais excessifs, agitation perdante.

Juin 2022 - Agitation stérile (bis). (--)

CW8 : -5.11%. Clôture du mois : 379.15€
Total des mouvements du mois :
Investissement de 9997€ au cours moyen de 383.98€
     Cours moyen d’achat : 383.98€
     Cours moyen de vente : -

L’indice baisse, je réinvestis plus que mon versement mensuel pour compenser la baisse. Mon cours moyen d’achat supérieur au cours final montre que j’ai market-timé à perte (j’ai réalisé 3 achats en cours de mois).

La baisse anticipée en janvier semble atteindre un point bas en juin.


Juillet 2022 - Agitation stérile (ter). (--)

CW8 : +7.54%. Clôture du mois : 407.71€
Total des mouvements du mois :
Désinvestissement de 9572€ au cours moyen de 399.33€
     Cours moyen d’achat : -
     Cours moyen de vente : 399.33€

L’indice monte, je désinvestis ; normal. Là encore, je passe des ordres en cours de mois. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, ce market-timing est perdant.

Pas d’exploitation du point bas du 16 juin ? En effet, pas d’autre exploitation que celle accomplie mécaniquement grâce à la tactique adoptée. La tentation de modifier mon allocation pour saisir des opportunités (
rallye ceci, rotation cela…) est pour moi un indicateur de marché anormalement haut. Pour atteindre mon objectif, je n’ai pas besoin de prendre plus de risques que ceux que je supporte en étant à 100% investi via un unique ETF sur 1600 grandes entreprises des 23 pays les plus riches. Un ACWI éligible PEA ne serait certes pas pour me déplaire. Facile à reconstituer… Mais déjà trop actif pour un authentique lazy comme moi !

Conclusion

Si les tentatives de tirer parti de variations de faible ampleur s’apparentent à de l’agitation stérile, et font grimper la note en termes de frais, il peut être intéressant de prévoir des mécanismes permettant d’exploiter des variations importantes entre deux value-averaging programmés.

Dernière modification par Phaeton (31/07/2022 19h11)

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#8 31/07/2022 16h59

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Merci Phaeton.

Pour une capacité d’épargne mensuelle de 2000€, beaucoup de vos achats sont significativement au-dessus.

Quelle part de liquidités aviez-vous de disponible au démarrage? Uniquement la vente de LQQ? Soit 20% du portefeuille?

Quelle proportion il vous reste aujourd’hui?

Je vois que vous avez fait des ventes, c’était pour reconstituer de la liquidité ou simplement des essais à du market timing?

7,5% de croissance annuelle (qui est grosso modo la moyenne de long terme des marchés financiers) c’est 0,6% par mois capitalisé ou 0,625% si on fait une simple moyenne arithmétique.
C’est le chiffre que vous avez retenu? A la vue des chiffres et de la liquidité que vous aviez au départ, la méthode était-elle applicable ou trop rapidement dans une impasse à cause d’un manque de liquidités?
Quelle est votre conclusion pour l’avenir? Pus de liquidités? Comment proposez-vous de constituer ou reconstituer ces liquidités?

La part importante de liquidités à garder fait penser à la théorie du "permanent portfolio". Je suis désolé si je donne l’impression de réinventer le fil à couper le beurre à chaque post, mais tout d’abord en bon breton, j’aime bien le beurre et surtout ça m’aide dans mon cheminement intellectuel à mieux comprendre et passer à la pratique.
Ce portefeuille avec 25% en liquidité et 25% en or résiste bien aux cycles baissiers, mais la perte d’opportunité est importante dans les situations de marchés haussiers. Sur le long terme, il n’est pas gagnant (voir article de IH en lien). Il peut être adapté à des investisseurs qui approchent de la retraite et dont l’horizon de placement est court (inférieur à 20 ans).
Les cryptos qui permettent de rémunérer des liquidités à des rendements élevés changent la donne. Bien sûr la notion de risque est primordiale et reste centrale à la validation ou pas de cette solution.
Je note toutefois que durant le dernier krach, USDC et USDT n’ont pas perdu de valeur et les gros CEX (Binance, crypto.com, kraken…) continuent de les rémunérer grassement.

Vous parliez dans un post antérieur de seuils d’intervention: -3,5%, -7%, etc…
Comment ces seuils viennent-ils s’intégrer dans la démarche?

J’ai conscience que tout n’était peut-être pas écrit et que vous avancez pas après pas. Dans ce cas comment comptez-vous intégrer ces seuils dans une stratégie future?

Avez-vous modélisé la méthode en fonction d’hypothèses de marché pour en tirer le meilleur (bon là je cherche à réveiller les IH qui sont doués pour les modèles et qui voudraient jouer avec nous…)?

Dernière modification par Jef56 (31/07/2022 17h01)


Le train de la vie ne s'arrête jamais deux fois à la même gare.

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[+1]    #9 31/07/2022 18h17

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Quelle part de liquidités aviez-vous de disponible au démarrage? Uniquement la vente de LQQ? Soit 20% du portefeuille?

24021€ de plus-values sécurisées. Soit 12.7% du total liquidités + ETF.
Au changement d’allocation, vu la gamelle déjà prise en janvier, j’ai réinvesti environ 110% de l’allocation précédente.

Quelle proportion il vous reste aujourd’hui?

5.3%. Le VA fin juin a asséché les dernières liquidités (=0.00%). Toutes les liquidités en stock actuellement sont issues du VA de juillet.

En termes de versements, les flux ont connu des hoquets liés à des causes extérieures, mais sur la période, j’ai versé 10900€. (Il manque donc 3100€ de liquidités que je verserai quand je pourrai.)

Je vois que vous avez fait des ventes, c’était pour reconstituer de la liquidité ou simplement des essais à du market timing?

En temps normal, il n’y a pas autant de mouvements. Ici, certaines ventes sont liées au fait que l’opération impliquait des fonds dans trois enveloppes inégalement réactives : PEA, PER, AV. Il m’a fallu mettre de l’ordre dans tout ça, en faisant en sorte d’avoir toujours des liquidités mobilisables instantanément. A présent tout se fait sur PEA, les deux autres sont en hibernation (elles ne sont plus pertinentes pour moi).
D’autres ventes sont effectivement du market-timing de gagne-petit. Si j’ai une procédure en cas de krach, je n’en ai pas prévu pour les "krachs haussiers". J’ai donc minablement gratté quelques miettes sur des petites montées parce que ne plus avoir de liquidités me causait un léger inconfort. Améliorer cet aspect et éviter l’agitation stérile est précisément une de mes priorités actuelles.
Vendre les rebonds plutôt qu’acheter les creux m’a paru judicieux dans un marché baissier.

7,5% de croissance annuelle (qui est grosso modo la moyenne de long terme des marchés financiers) c’est 0,6% par mois capitalisé ou 0,625% si on fait une simple moyenne arithmétique.
C’est le chiffre que vous avez retenu?

+0.6% est effectivement mon objectif actuel, pour les raisons que vous indiquez. Il était évidemment bien plus élevé avec mon allocation précédente.

A la vue des chiffres et de la liquidité que vous aviez au départ, la méthode était-elle applicable ou trop rapidement dans une impasse à cause d’un manque de liquidités?

C’est mon second krach avec cette méthode. Le premier était COVID. Dans les deux cas, j’ai engagé 100% de mes liquidités, par paliers de baisse successifs, pour finir 100% investi.
Ainsi, je garantis, sinon ma fortune, au moins ma sérénité. Pas de regrets, aucune chance de me lamenter en me disant que j’ai raté le point bas, et que j’aurais dû faire tapis à -35%.
Mais j’ai bien été confronté à des difficultés méthodologiques pas entièrement résolues à ce jour. J’ai appliqué une procédure qui implique de revoir l’objectif à la baisse en cas de baisse massive du marché.
Autrement dit, à -7.5% depuis le ATH, j’engage 1/4 de mes liquidités.
A -16%, 1/3 des liquidités restantes.
Et ainsi de suite jusqu’à avoir injecté 100%.
Maintenant qu’on en parle, j’ai l’impression que c’est la parade que j’ai trouvée contre le principal reproche fait au VA, à savoir qu’il finit par nécessiter un stock de liquidités considérable.
Ainsi, à partir du moment où cette procédure de krach s’active, ma cible M n’est plus (valeur M-1 + 0.6% + versement mensuel), mais (valeur du dernier palier de krach + versement mensuel). C’est un genre de réinitialisation. Comme si c’est moi qui allais user le krach, en reprenant toujours ma marche en avant, avec obstination, aussi loin que son dernier coup m’ait fait reculer.

Quelle est votre conclusion pour l’avenir? Pus de liquidités? Comment proposez-vous de constituer ou reconstituer ces liquidités?

Je ne vois aucune raison de changer en profondeur une technique dont les résultats, sans exagérer, mon époustouflé lors des deux krachs vécus. En particulier, je dois au soin mis à l’époque pour déterminer mes paliers de krach d’avoir fini à 100% investi très près des plus bas. Le graphique réalisé après Covid était éloquent sur ce point.
Les liquidités se reconstitueront par la hausse (si elle continue), ou seront réinvesties si ça baisse avant de monter.
Comme vous le mentionnez, je pourrais affecter une part des versements au renflouement des liquidités. Maintenant que vous m’y faites penser, c’est ce que je ferais si j’avais le sentiment qu’on était en récession (flûte ! j’ai dit le mot en R !), et que mon rendement-cible n’était donc plus réaliste à moyen terme.
Hors de question pour moi que mes liquidités dépassent 20% de la valeur des ETF. Quand cela se produit, mes versements sont détournés vers d’autres actifs (de la NP de SCPI), comme cela s’est produit en 2021, où j’ai sorti 21k€ de liquidités. Si par malheur mon objectif SCPI était atteint, je pense que je continuerais à ne pas stocker de liquidités. Je crois que Mazda sortira une nouvelle version de sa MX5 l’an prochain ; c’est une idée de placement diversifiant parmi d’autres.

Merci pour votre participation enthousiaste et vos questions qui m’aident à y voir plus clair !

PS, en réponse au commentaire de Jef56 en réputation :
Je ne crois pas qu’on puisse dire que l’existence de versements réguliers produit un hybride de DCA.  Si ?  J’ai bien pour règle de départ une croissance régulière des sommes investies. Et j’ai de l’argent à injecter tous les mois. Du fait de l’objectif de croissance du VA, ces injections se font soit à 100% en ETF (si la cible est manquée ou atteinte de justesse), soit à 100% en liquidités (si la cible est dépassée de plus du montant du versement), soit pour partie en ETF, pour partie en liquidités, si la cible est dépassée, mais de moins que le montant du versement.

Tout ça finit pas avoir l’air si compliqué, alors que c’est si simple ! sad Simple comme ça :


PPS : oui, très juste au sujet de la MX5. Jusqu’à ce qu’on arrive à régénérer des vertèbres comme on reconstitue une poche de liquidités…

Dernière modification par Phaeton (31/07/2022 19h10)

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[+1]    #10 31/07/2022 21h50

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Bonjour Phaeton et Jef56,

Je viens de finir le livre de Michael Edleson  "Value Averaging: The Safe and Easy Strategy for Higher Investment Returns" et j’avais envie d’ouvrir un post dédié au value averging car comme Jeff je trouve cette stratégie sous explorée sur le forum.

Le value averaging a ceci d’intéressant je trouve, qu’il permet de faire un lien entre une approche de portefeuille en constitution, ou on ammène de l’argent significativement et une période plus de maturité ou on fait par exemple du rebalancing autour d’un 60/40.

Comment réussir à faire un DCA (car on apporte chaque mois son épargne) modulé de manière a acheter plus quand les marchés sont peu chers, et moins quand les marchés sont chers (alors que la psychologie humaine nous pousse à l’inverse !).

Je voulais juste dire ici en premier commentaire qu’il y a un biais énorme dans le livre pour moi. Il ne me semble pas honnête intellectuellement voir impossible de comparer DCA et DVA tel que c’est fait dans le livre. En effet, dans un cas on peut se contenter d’avoir un tracker ETF world qu’on n’incrémente chaque mois du montant de son épargne, alors que dans l’autre il faut nécessairement ce même tracker et un placement sans risque à côté (fond euros, livret A…).

Ainsi quand tout le long du livre l’auteur compare DCA et DVA il y a un biais énorme puisqu’il faudrait comparer DCA à DVA en utilisant la performance moyenne de la poche action et de la poche sécurisée du DVA. En fonction du point de départ que l’on se donne, il y a des scénarios ou le DVA sera impossible, limité par la quantité de cash disponible (en cas de fort marché baissier).

Dans tous les cas, la surperformance obtenue par le DVA telle que décrite dans le livre est bien une surperformance de la poche action par rapport à une approche type DCA, mais cette surperformance est obtenue avec un prix : le fait de ne pas avoir tous ces placements dans la dite poche action. Ainsi au delà de la performance de poche, rien ne dit que la performance globale de portefeuille sera meilleure.

Dans mon cas, partant d’un grosso modo 70/30 je vais essayer de faire quelques simulations de ce que donnerait le DVA. Dès le départ, il y a clairement un point qui est majeur : la part que représente les apports mensuels par rapport au capital en portefeuille. Plus le temps passe, plus celle ci diminue et quand on arrive au stade ou la variation mensuelle de valorisation de son portefeuille dépasse le montant des apports, l’approche n’est plus évidente, et il faut donner une certaine "raideur" au modèle pour éviter de passer son temps à faire le yoyo. Le meilleur moyen est déjà de réduire la fréquence de rebalancing de mensuelle à trimestrielle.

Tout ca pour dire que le sujet me passionne également, et que je suis toujours à la recherche de ma méthode d’automatisation qui me pousse à investir plus quand ça baisse et moins quand ça monte. Tout cela ne peut bien sur comme déjà dit s’appliquer que sur des indices larges.

Dernière modification par Priority (31/07/2022 21h51)


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Favoris 1    #11 31/07/2022 23h23

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Priority, welcome, et merci pour le compte-rendu de lecture.

C’est vrai que la question de quoi faire des liquidités se pose d’autant plus que l’inflation s’impose.
En AV et PER, facile, fonds €. J’ai vécu avec un moment, et m’accommodais alors aisément du désagrément de passer des ordres à cours inconnu.
Sur le PEA, on réagit plus vite que l’éclair, mais le magot est rogné. Cependant je commence à croire que la capacité de réaction instantanée est susceptible de causer plus de mal que de bien (agitation stérile, répétition d’ordres).
Les livrets réglementés ont ces temps-ci un attrait que je ne me souviens pas leur avoir déjà trouvé…

Pour ma part, j’avais fractionné ma réserve. J’en conservais un tiers prêt à l’emploi (sur PEA, sans rendement). Si j’engageais ce premier élément, je le reconstituais aussitôt. Les forces les plus longues à mettre en ligne étaient celles déjà engagées par ailleurs, comme les actifs inversement corrélés (or).

Le second bémol que vous apportez me convainc moins. J’ai toujours considéré que sur la durée de mon projet, un krach majeur était inévitable. Et que par conséquent, plus il surviendrait tôt, mieux ce serait. Alors oui, si un krach survient, il peut sortir un VA de ses rails.
Mais au fond… Et alors ? J’échouerai encore. J’échouerai mieux smile
Si je me lance en VA dans un marché baissier, pourquoi ne pas fixer le rendement cible à une valeur nulle voire… négative ? Pour ma part, j’ai des interrupteurs à actionner en cas de R…ion et d’ère glaciaire. Ils réduisent mon rendement cible, en attendant des jours meilleurs.

En vous lisant, Jef56 et vous, je me demande si je ne commence pas à comprendre pourquoi le VA ne fait pas trop parler de lui. C’est à l’évidence une matière qui nécessite pas mal d’ajustements, voire des paramètres sur-mesure.

Je comprends aussi que je suis en train de changer de phase, puisque 5 ans après le début de mon projet, et ayant bénéficié de vents favorables, je peux commencer à réduire la prise de risque. Comme vous l’écrivez, il faut une cohérence entre capital investi et à investir. En revanche, je ne suis pas certain que changer la fréquence présente un intérêt à cet égard. J’ai par contre l’impression que le rapport entre capital investi et à investir pourrait être fonction du rendement espéré, et donc de la volatilité acceptée.

Jef, vous posez la question de mes paliers de descente.
J’avais étudié mon indice composite "maison" sur la plus longue période possible pour fixer ces seuils dans le but de garantir qu’en cas de baisse au moins égale aux plus fortes baisses du passé, toutes mes réserves soient bien progressivement mises au travail. (Je ne crois pas que mon historique remontait jusqu’à 2000. Sinon, avec 20% de LQQ, mes paliers auraient été beaucoup plus espacés ! Paresseux…)

Le premier krach a été très rapide. Si je me souviens bien, la descente olympique de l’hiver 2020 a duré moins que ma période de value-averaging ! C’était drôlement pratique, car je n’ai pas eu à me demander quoi faire. J’ai appliqué la méthode, et quand j’ai eu tout investi, ça c’est mis à remonter.
Le truc, AMHA, c’est de piger qu’à partir du moment ou la dégringolade commence, il n’y a plus d’objectif de rendement qui tienne. La priorité devient d’exploiter au mieux la baisse. Autrement dit, d’investir.

Mon deuxième krach, plus lent, moins aigu (puisque j’ai réduit la volatilité après le premier palier de baisse) m’a permis de comprendre que chaque palier de descente atteint doit devenir le nouveau point de départ. Je ne sais pas l’expliquer. Sauf peut-être en revenant encore une fois à l’idée que quand on heurte un iceberg, le but ne peut plus être d’atteindre tous le port comme si de rien n’était, mais de préserver l’avenir, de sauver les femmes et les enfants.  Or, dans mon univers mental, soit c’est la fin du monde, et dans ce cas je ne vais pas tarder à avoir d’autre soucis que la valeur de mon PEA. Soit c’est juste encore un krach, et le mieux que je puisse faire est de bien me placer pour quand ça remontera.

Dernière modification par Phaeton (31/07/2022 23h57)

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#12 01/08/2022 04h37

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A jef qui m’écrit en MP que mon commentaire l’incite à ne pas lire le livre, je voudrais dire qu’il m’a tout de même beaucoup apporté, même si au final chaque cas est unique et qu’il faut choisir sa manière de paramétrer le DVA. Vous me motivez a peut etre ouvrir une file plus complète avec un CR du livre, si je trouve le temps.

PHAEDON a écrit :

Le second bémol que vous apportez me convainc moins. J’ai toujours considéré que sur la durée de mon projet, un krach majeur était inévitable. Et que par conséquent, plus il surviendrait tôt, mieux ce serait. Alors oui, si un krach survient, il peut sortir un VA de ses rails.
Mais au fond… Et alors ? J’échouerai encore. J’échouerai mieux

Ce n’est pas vraiment un bémol que j’apporte, c’est juste un point important si on veut comparer les perfs entre dca et dva dans un marché boursier, à partir d’un point de départ donné qui est défini par un patrimoine existant, une répartition de ce patrimoine entre deux poches et une capacité d’épargne.

Si vous partez de 70k€ sur le fond action large sur lequel vous voulez faire du DVA et 30k€ sur le fond sécurisé (liquidité sur le pea, livret ou fond euros d’AV) et que vous avez une capacité d’épargne de 1k€ par mois, le résultat du DVA sera bien meilleur sur la poche action en marché baissier que si vous partez de 100k€ sur le fond action (etf world par exemple). Car dans le second cas vous n’aurez pas la capacité de mettre au pot suffisament et cela limitera la performance de votre DVA qui se comportera de fait comme un DCA puisque vous aurez les poches vides.

C’est une évidence, mais ce que je repproche au livre dont l’auteur s’autoproclame inventeur du DVA en fait vieux comme hérode (il n’a certainement inventé que le nom, c’est tout le génie commercial des américains) c’est de ne pas systématiquement comparer la performance globale de la somme des deux poches.

Je suis a peu près convaincu qu’un DCA100% investi sur la poche action (l’etf world) bat le DVA partiellement investi en world, partiellement sécurisé dans la plupart des marchés si on prend en compte la réalité des capacités financières de l’investisseur. Le DVA optimise la performance de la poche action mais au prix de l’indispo d’une partie de son patrimoine que l’on doit sécuriser en marché haussier. Mal calibré il ajrait fait un carnage lors des 15 ans de bullmaeket qu’on vient de passer.

La manière dont l’auteur estime les performances en faisant des tirages aléatoires sur l’évolution des cours basés sur la volatilité et la croissance moyenne me semble pertinente.

Il faut juste le faire à partir d’une situation de départ réelle (pas forcément nulle) en prenant une capacité d’épargne non illimitée ET en intégrant dans le calcul de performance la performance de la poche sécurisée pour que cela ne soit pas biaisé.

M’est avis qu’au final le DVA gagne quand on le compare à une stratégie type 70/30 en le calibrant pour qu’il fassd évoluer l’allocation vers un 100/0 quand les marchés sont très bas et un 0/100 quand ils sont très haut.

Dernière modification par Priority (01/08/2022 04h46)


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[+2]    #13 02/08/2022 08h22

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INTJ

Value averaging ?
Si j’ai bien compris ça ressemble énormément à la méthode de Robert Lichello "automatic-investment-management" ou AIM.
Il y’a des sites qui lui sont consacrée depuis des dizaines d’années !
En gros , il faut investir 50 % et garder 50% en liquidités pour intervenir en cas de baisse (ou de hausse).
A terme, mathématiquement, en cas de retour à la valeur initiale du support, et avec très peu d’efforts, vous êtes positifs.
Mais si le support ne fait que baisser ..aïe ! Donc le choix du suppOrt est capital : assez volatil mais néanmoins solide (si on croit aux cryptos, ce peut être pertinent)   
Brefs des milliers d’articles sur le sujet et même des tableurs excel tout prêts selon mes souvenirs.

une adresse pour l’AIM

Dernière modification par jctrader (02/08/2022 08h23)


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[+1]    #14 02/08/2022 10h29

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Oui JC, ce n’est pas toutafait ça, mais c’est le même esprit que le rebalancement : on investit plus quand ça baisse et moins quand ça monte.

En fait l’idée du DVA est de "programmer" la valeur d’un portefeuille puis de faire les ajustements qui permettent de s’y tenir.
Partant de 0, je décide que mon portefeuille doit valoir 5000 dans un mois, 10000 dans deux mois, 15000 dans trois mois…
Le premier mois je mets 5000
Le deuxième mois, si le cours a pris 20% mes 5000 valent 6000 et je ne met que 4000 pour atteindre mes 10000.
Le troisième mois, si il y a eu un krach qui a fait perdre 90% au cours, mes 10000 ne valent plus que 1000 mais ma cible est à 15000 donc je dois mettre 14000.
Le quatrième mois, si cela remonte de 50%, mes 15000 valent 22500. Ma cible étant à 20000, je retire 2500 que je ramène sur mon support sécurisé.


C’est évidemment à faire sur un indice large type MSCI World.
Dans les faits ce rebalancement ne conduit pas à avoir une allocation constante mais à adapter son allocation. Dans un marché bas, elle sera plus proche de 100% action, dans un marché haut plus proche de 0% action.

C’est donc plus sophistiqué qu’un simple rebalancement à pourcentage fixe.

Le plus compliqué est de bien adapter le paramétrage en fonction de sa situation initiale (capitale et allocation entre les deux fonds) et de sa capacité d’épargne.

Tout le "charme" de la méthode est cette capacité à adapter l’allocation au marché.

Dernière modification par Priority (02/08/2022 10h34)


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#15 02/08/2022 11h16

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Bonjour Phaeton,

j’applique pour ma part le Value Averaging depuis 2015, ma stratégie a depuis pas mal évolué, c’est dur de ne toucher à rien, mais je pense être arrivé à une méthode qui me convient bien même si, comme toute méthode, elle a des défauts.

Ce qui m’a le plus dérange dans le VA, c’est qu’on peut se retrouver dans une situation (c’est du vécu) où on vend massivement alors que le cours est inférieur à son PRU et qu’il est historiquement bas (typiquement si on a un krash puis un petit rebond) => pour contrer cet effet, j’ai mis en place deux règles (cf ma présentation
- je ne vends pas si le cours est inférieur à mon PRU
- j’intègre mon PRU dans la formule déterminant mon investissement mensuel => si je dois acheter, j’investis un peu plus si le cours est inférieur à mon PRU que si il est supérieur.

Un autre aspect qui m’a dérangé est le fait qu’en cas de flash krash comme en Mars 2020 pendant le Covid suivi d’une remontée tout aussi rapide, on peut passer à côté de l’opportunité de se renforcer à vil prix selon notre périodicité d’investissement => j’ai donc mis en place une règle consistant à déroger à ma règle d’investissement mensuel par palier de 10% de chute par rapport à mon dernier achat.

Autre problème rencontré : le marché ayant été haussier ces dernières années, je n’ai pas autant investi que ce que j’envisageais, je viens d’atténuer ce problème en revoyant à la hausse le montant de l’inflation pris en compte des mon calcul de VA.

Dernier problème déjà mentionné dans cette file : plus le portefeuille grandit, plus les sommes à investir ou désinvestir sont grandes. Par exemple, pour un investissement mensuel théorique de 1400€ sur un ETF World, les variations récentes m’ont entrainé à investir 3000€ début Juillet, et à vendre 5400€ début Aout. En cas de krash rapide, les sommes commencent à devenir tout simplement énormes… Ma solution actuellement déployée est le recours à des crédits conso ou aux retraits de sommes investis en fonds euros en AV, mais mes AV commencent à se vider et les taux des crédits augmentent! En dernier recours j’ai un vieux PEL que je peux casser si nécessaire.
Et si un mois je n’ai pas assez de liquidités, bah tant pis, le plus important étant d’essayer de suivre la méthode dans la durée pendant plusieurs années.

Je suis à présent assez à l’aise avec ma méthode, je vais juste m’autoriser à ajuster l’inflation utilisée dans ma méthode pour coller le plus avec la réalité.

Chaque année, je calcule mon TRI de ma méthode VA que je compare à ma poche de stock picking, et les résultats sont là… Par contre c’est quand même beaucoup moins fun à mon goût, le plus intéressant étant la construction de la méthode, le reste étant purement mécanique… Il n’est pas toujours possible d’allier l’utile à l’agréable.

Au plaisir d’échanger

Dernière modification par tonnick (02/08/2022 11h23)

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#16 02/08/2022 11h28

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INTJ

dans l’AIM, Lichello place un facteur "f" pour jouer sur la granularité des apports successifs.
C’est le plus "compliqué" à trouver mais certains forums donnent des exemplesbien illustrés et en fait , tout dépend du choix de chacun.
Perso pour mes tests , j’avais fixé un drawdown max de 60% pour le support et de là j’avais appliqué mes apports en fonction de la volatilité sur 1 an. Résultat positif sans trop de prise de tête et à risque maitrisé.


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#17 02/08/2022 14h42

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Je ne connaissais pas ce facteur "f". C’est une manière différente d’automatiser la manière de chercher à faire évoluer son allocation en fonction des conditions.

Je crois que ni Lichello avec ce qu’il appelle l’AIM ni Edleson avec ce qu’il appelle le DVA n’ont rien inventé, après les deux méthodes ne sont pas les mêmes et peuvent produire des résultats différents.


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#18 02/08/2022 18h50

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Très intéressants échanges, merci à tous !

Je note qu’un des auteurs mentionne un encadrement des interventions, chose à laquelle je n’avais pas songé.
Un autre confie avoir lui aussi mis en place des paliers de baisse justifiant des mouvements exceptionnels. Pour ma part, ces versements exceptionnels concernent une portion prédéfinie des liquidités disponibles. (4 paliers, donc 1/4, puis 1/3, puis la moitié, puis le solde).

Je continue par ailleurs à penser que le problème des liquidités peut être vu différemment, en affirmant qu’en cas de baisse violente, le but n’est pas de coller coûte que coûte à la trajectoire prévue (puisqu’à l’évidence à -35% pour une cible de quelques % annuels, cette prévision ne tient plus), mais bien plutôt de s’assurer qu’on aura bien investi toutes les liquidités (qu’on est prêt à investir) une fois atteint un pourcentage de baisse préétabli (par exemple en se basant sur le max drawdown des N dernières années). 

Restait un point de méthode à éclaircir : l’impact d’une mesure d’exception sur la règle elle-même. J’ai d’abord imaginé baser ma procédure d’exception sur le ATH. Mais ça ne va que pour un flash krach. 2022 m’a fait changer d’avis : à présent, un versement exceptionnel entraîne une révision à la baisse de la cible, le rendement attendu s’appliquant au capital atteint à l’issue du dernier versement exceptionnel, et non plus à la valeur théorique selon la règle fondée sur une atomisation de la croissance continue observée à très long terme.

tonnick a écrit :

on peut se retrouver dans une situation (c’est du vécu) où on vend massivement alors que le cours est inférieur à son PRU et qu’il est historiquement bas (typiquement si on a un krash puis un petit rebond)

S’il y a bien une notion que je ne prends pas en compte, c’est le PRU. Je suis même surpris que vous l’évoquiez smile Pour ma part, je ne le connais même pas ! J’ai probablement le luxe de n’avoir pas souvent été en dessous. Dois-je m’en réjouir ou m’en inquiéter ?

Quant à considérer le rendement net d’inflation… Je ne vois pas comment faire. Quelles sont vos pistes ? (Ma prise en compte de l’inflation se limite pour l’heure à… repousser mon départ à la retraite sad)

Le point de vue Priority, selon qui il faut tendre vers 0% en cas de "krach haussier" comme on cherche à tendre vers 100% en cas de krach tout court, ne me satisfait pas à première vue. Racler ce qui dépasse de la tendance de très long terme me paraît intuitivement plus profitable, et à même de constituer une solide réserve en prévision du retour à la moyenne. Où me trompé-je ?

Facteur f ? Connais pas. Mais je vais de ce pas me renseigner.

Enfin, totale sympathie pour la conclusion de Tonnick :

Chaque année, je calcule mon TRI de ma méthode VA que je compare à ma poche de stock picking, et les résultats sont là… Par contre c’est quand même beaucoup moins fun à mon goût, le plus intéressant étant la construction de la méthode, le reste étant purement mécanique… Il n’est pas toujours possible d’allier l’utile à l’agréable.

Pour ma part je compare tout bêtement la perf annuelle à celle de MSCI World EUR. Et sur plusieurs années, la volatilité. (Même si pour l’heure, je n’ai jamais tenu une allocation plus de douze mois consécutifs… S’agiter pour tuer l’ennui… smile) Enfin, je garde un œil sur mon TRI, et constate qu’il est parfaitement en phase avec mon objectif, ce qui est, je trouve, un petit accomplissement en soi smile

A vous lire,

Phaeton

PS : j’ai réinitialisé le 16 juin 2022 en me disant qu’on était revenu par une grosse journée de baisse sans déclencheur évident sur la tendance de LT. Mais à y bien réfléchir (légère exagération, dès lors que ma "réflexion" se résume à un dessin digne d’un môme de CM2), je me demande si je ne devrais pas vendre encore plus :

Dernière modification par Phaeton (02/08/2022 19h40)

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#19 14/08/2022 19h58

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Ce n’est pas encore l’heure du compte-rendu mensuel (un indice : ça parlera encore d’agitation stérile sad), mais c’est déjà (toujours ?) le bon moment pour une piqûre de rappel.

Toujours prêt à m’en administrer une, et je lui sais un gré infini de le faire à intervalles réguliers, mon "médecin" préféré, Philippe Maupas, livre dans son dernier billet une traduction de son bloggeur préféré en matière de finance comportementale.

Il s’appelle Joe Wiggins, et sa prose est ici : What Do Investors Believe They Can Do But Can’t? 

Spoiler :
1. Timer les marchés
3. Prédire le niveau de l’inflation, ou de toute autre variable macro-économique


Les conclusions qu’en tire Maupas sont AMHA aussi simples qu’imparables. Il n’en est pas l’inventeur, mais là n’est pas la question ; ça reste un must pour tout aspirant IH.

Bonne lecture ! smile

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Favoris 1    #20 20/08/2022 12h21

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Bonjour,

Très intéressant ce thread.

Pour les forumeurs attentifs, j’ai arrêté de publier mon portefeuille, car il est massivement orienté
sur une stratégie de DVA que j’ai mis en place en Mars 2016. Je vais essayer de décrire la méthode
utilisée, et ensuite quelque résultats, et faits remarquables

1) La méthode
J’ai pris une hypothèse de 5,5% de rendement moyen
La base, c’est d’ajouter 2000K€ par mois le 28 du mois, ou le premier jour d’ouverture des marchés
après ce jour.
J’ai 2 lignes, donc l’idée c’est d’ajouter 1K€ sur chaque ligne
- Un ETF PEA elligible sur l’eutostoxx 50
- Un ETF SP500 PEA elligible.

Petite entorse à la méthode
Je ne vends jamais. Je fais des ventes virtuelles ( je les prends en compte dans l’algorithme) mais je ne vends pas, et quelques fois quand je dois faire un achat, je peux faire un achat virtuel si le cours d’achat est supérieur au cours d’une vente virtuelle précédente
Cette partie est un peu complexe à suivre.

En parallèle, j’ai dans mon tableau de suivi un algorithme de DCA sur la même base
( Même jour d’achat, et achat pour 1K maxe de tracket Stoox50 et de Tracker SP500)
pour avoir une base comparative.

2) resultat :
   - J’ai injecté 120,9 K : contre 148K dans une méthode DCA à 2K€/mois
   - TRI DVA : 13,35%, contre 12,18% sur le DCA, soit 1,17% de plus
   - La valorisation actuelle est de 192K€
   - Le TRI ne tiens pas compte des ETfs virtuellement vendus, mais qui actuellement, si je devais les
     acheter m’auraient apporté 13,3K de PV en plus ( non pris en compte dans le calcul du TRI )

3) Quelques faits remarquables
   - Il est difficile quand je dois acheter, de choisir entre un achat réel, et un achat virtuel
       * Achat Réel : Injection de cash, et donc meilleur effet en cas de hausse des marchés
       * Achat virtuel : permet de garder du cash en cas de baisse.
  -   Vu le montant actuel, il faut être capable de sortir le cash cas de baisse des marchés
      J’essaie d’avoir environ 50% de la valorisation max, pour être prêt
  - Pdt la crise de 2020, j’ai du injecté 30K€ entre fin fevrier et fin mars, au lieu de 4K€
  - Pdt H1 2022, j’ai du injecté 48,6K, au lieu de 12K
  - Jusqu’à maintenant, les injections de cash ne m’ont pas posé de soucis, car c’était simplement
    du cash mis de coté les mois et années précédents, ou je n’injectait pas les montant de 2K
    mensuels à cause de la hausse des marchés
 
Bien à vous

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#21 20/08/2022 21h30

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@Coyote

Merci pour ces informations qui donnent une indication supplémentaire de ce que le value averaging peut apporter.

Je ne comprends pas l’idée d’achats virtuels.

Par exemple, si votre patrimoine a crû sur une période de (cible + versement), alors vous ne versez pas, et vous considérez que ne pas écrêter la PV revient à acheter virtuellement, c’est ça ?

C’est bien ainsi que je procède pour ma part ; dès lors, ma problématique devient : que faire des 2000 k que je n’ai pas besoin de verser ?
H1 : je les verse quand même mais ne les investis pas (en ce moment, c’est direction les livrets réglementés)
H2 : si mes liquidités représentent plus de 20% de la valeur des actions, alors je déverse le trop-plein dans autre chose, idéalement de moins risqué. En l’occurrence, de la nue-propriété de SCPI.

Petite différence de méthode entre nous : vous avez choisi le 28, moi le… 27. Parce que c’est le jour de naissance de ma compagne ; ça m’aide à m’en souvenir (à vous de voir lequel aide à se souvenir de l’autre smile. Mais maintenant quelque chose me dit que je vais modifier ça pour agir à la clôture le dernier vendredi du mois (ou le jeudi précédent si le dernier vendredi est chômé).
Ca a l’air trivial, mais il me semble intuitivement que c’est plus satisfaisant, plus susceptible de capter fidèlement la tendance.

Dernière modification par Phaeton (21/08/2022 17h22)

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[+1]    #22 26/08/2022 09h55

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Août 2022 - Plafond touché, vente d’opportunité… Mais au fond, à quoi bon ? (+-)

Investissement théorique en fin de mois : 2000€.
Total des mouvements du mois : désinvestissement de 6358€ (soit 15.2 CW8)
     Cours moyen d’achat : 427.68€
     Cours moyen de vente : 422.55€

L’indice monte plus haut que mon point visé (qui est de +0.6% + investissement théorique / mois), donc je désinvestis l’excédent.
De plus, la hausse a atteint en cours de mois un plafond (empiriquement fixé à +3% au-delà de la cible), ce qui a déclenché une vente.
Enfin, les achats en cours de mois sont un jeu d’écritures, un transfert virtuel entre PEA et PER.




Fixation du "plafond" : +3% au-dessus de la cible (cible = valeur à la fin du mois précédent + hausse de +0.6% + versement en fin de mois), de façon purement empirique.
En début de mois, je place donc un ordre de vente valable un mois pour le montant de l’excédent.
Si l’ordre est exécuté, je place un nouvel ordre suivant la même règle.

"Fin du mois" : jusqu’à présent mes mois s’achevaient à la clôture du 27e jour. Désormais ce sera à la clôture du dernier jour de bourse suivi par un week-end. Toujours dans le but de mécaniser les action et de protéger mon temps libre.

Accessoirement : dumpé l’unique ligne de mon PEA-PME. A clôturer. N’a pas sa place dans mon projet.

Une fois de plus, la partie de ma tactique que j’appelle "mouvements exceptionnels" a surtout enrichi mon courtier. Le cours à la fin de la dernière semaine du mois est supérieur au cours de mes ventes en cours de mois. Et rétrospectivement, je crois bien que ça n’a jamais été autrement. Cela ressemble à une excellente nouvelle : je vais pouvoir cesser cette agitation stérile, revenir à l’application la plus basique qui soit d’une règle qui vise avant tout la simplicité, et faire un meilleur usage de mon temps smile

S’il fallait se creuser la tête, ce serait peut-être plutôt sur l’évolution du taux de change EUR/USD.
TAIS-TOI donc, Phaeton ! smile tU n’as pas la moindre idée de ce que sera demain ! smile

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#23 26/08/2022 10h35

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INTP

M. pour le partage…

Je suis actuellement en DCA plus ré -equilibrage automatique tous les trimestres (si besoin) sur une AV qui est désormais à 50% FE/ 50% UC car se rapproche de l’échéance à laquelle l’argent doit être disponible…

De manière pratico-pratique, si je passais en VA, j’ai l’impression que je perdrai le côté automatique de l’approche DCA qui actuellement ne me demande un contrôle que chaque trimestre…
Ici, il faut calculer chaque mois combien remettre au pot et tout re-equilibrer (1 FE et 3 UC)
J’ai bien envie de faire le test cela dit… Je vais réfléchir comment procéder…


Apprenez à fabriquer vos propres meubles … même si vous avez 2 mains gauches !

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#24 26/08/2022 11h01

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@ Gimli
L’avantage en AV est qu’on peut passer ses ordres en euros, plutôt qu’en parts entières.

Je l’ai fait un temps avec 8 fonds, une simple petite feuille de calcul m’indiquait les montants (et pourcentages) à arbitrer en fonction des derniers cours connus (et parfois d’une honteuse tentative de divination au vu de la séance du jour…), de mon versement mensuel et de ma cible.

Autrement dit :
versements automatiques mensuels calqués sur ma répartition-cible (dont une partie en fonds euro) ;
+ arbitrages réguliers (que je faisais mensuellement, mais sans aucune certitude qu’une période si courte génère quelque gain que ce soit) pour rééquilibrage et value-averaging.

Faire l’arbitrage me prenait environ 5 minutes, le temps de recopier les pourcentages de mon tableur.
Créer la feuille de calcul m’indiquant les montants à arbitrer m’avait pris un peu plus de 5 minutes, mais c’était une fois pour toutes, et si je changeais des paramètres (répartition, hausse visée, montant des versements), la prise en compte était immédiate.

Avec le recul, mon effort était minimal, or il est bon d’optimiser ainsi le seul paramètre sur lequel on peut vraiment agir (tout en restant lazy) ! Le modeste suivi de portefeuille auquel vous me faites l’amitié de vous intéresser me conduit d’ailleurs à revenir à cette implicité virginale (en supprimant toutes mes fumeuses histoires de "mouvements exceptionnels").

Dernière modification par Phaeton (26/08/2022 11h01)

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#25 26/08/2022 11h53

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Bonjour Phaeton, votre partage de réflexion et de méthode est très intéressant à suivre.
J’aurais toutefois 2 questions à vous soumettre :
1°) j’ai bien lu que vous avez employé le qualificatif empirique, mais quel raisonnement vous a amené au choix de la valeur de +3% pour la définition de votre plafond de re-balancement ?

2°) dans une hypothèse où l’inflation deviendrait une thèse de moyen/long terme, envisagez-vous d’en tenir compte et ajuster en conséquence le montant futur de votre renforcement mensuel ?

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