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Citigroup : une franchise bancaire mondiale

Analyse de Citigroup : opportunités et risques d'investissement en 2012-2014

Cette discussion porte sur l'opportunité d'investissement dans Citigroup (C) entre 2012 et 2014. Les membres analysent la situation financière de la banque, soulignant sa forte capitalisation (ratio Tier I proche de 13%), son faible levier et son importante liquidité. Ils mettent en avant le potentiel de croissance, notamment grâce à une exposition significative aux marchés émergents et la possibilité d'un retour sur investissement rapide via des rachats d'actions. Un changement de direction en 2012 est perçu comme un catalyseur positif.

Cependant, des inquiétudes subsistent concernant la complexité du bilan bancaire et la difficulté d'évaluation précise des capitaux propres. L'hésitation de certains investisseurs expérimentés à investir dans le secteur bancaire est soulignée, soulevant des questions sur la gestion du risque. Les membres débattent des avantages et inconvénients de Citigroup par rapport à Bank of America (BAC), en comparant leurs bilans, leurs expositions géographiques et leurs capacités de gestion. L'efficacité opérationnelle de Citigroup est pointée du doigt comme un facteur limitant.

La discussion met en lumière la volatilité du secteur bancaire. Le refus initial par la Fed d'un plan de rachat d'actions ambitieux de Citigroup en 2014 illustre les risques réglementaires. Les membres reconnaissent la nécessité d'une analyse approfondie du bilan et des opérations de la banque, incluant une évaluation des risques juridiques potentiels. Le débat explore également les stratégies de réduction des coûts et de recentrage sur le cœur de métier comme des éléments clés pour améliorer la rentabilité à long terme.

Tendances notables émergent de la discussion : la recherche d'opportunités d'investissement dans les banques sous-évaluées, une analyse approfondie des indicateurs financiers pour mitiger le risque, et la prise en compte des aspects opérationnels et de gestion en plus des données financières classiques. L'importance de la qualité du management est également soulignée.


#1 17/10/2012 11h14

sergio8000
Invité

Bonjour à tous,

On commence à parler de pas mal de banques sur ce forum, mais je n’ai encore jamais vu Citi mentionnée quelque part. Cette banque se vend à 0,7 fois sa book value tangible et à environ 5 fois notre estimé de ses profits normalisés et 10 fois ses profits factuels sur les 2 dernières années.

C’est l’une des banques les mieux capitalisées au monde, avec un ratio Tier I à peine inférieur à 13%.
La banque est aussi l’une des franchises bancaires les moins leveragées avec un levier de 9 (deux à trois fois inférieur à celui des banques européennes, et 4 fois inférieur à celui de la Deutsche Bank).

Ce qui m’a fait pensé à cette banque aujourd’hui, c’est la news suivante lue dans le Wall Street Journal :
Pandit Is Forced Out at Citi

La board de Citi a été changé il y a quelques mois et a enfin décidé de faire son travail. Le mécontentement de quelques gros actionnaires a été entendu et des mesures semblent prises pour amener un changement. Nous pensons que le potentiel intrinsèque de la banque est intéressant et qu’elle devrait être en mesure de retourner du capital à ses actionnaires assez rapidement.

Pour ceux qui recherchent une exposition aux émergents, Citi est un investissement assez cheap et bien exposé à ces pays (franchise majeure en Asie notamment).

Déontologie : nous avons pris une petite position C (400 actions) au moment du changement de président du board (l’action était alors plus cheap qu’aujourd’hui et plus cheap que BAC). Nous préférons cependant Bank Of America dont nous avons parlé ici et ailleurs à plusieurs reprises, notamment à cause de sa franchise beaucoup moins internationale et sa domination régionale en duopole avec Wells Fargo sur le marché US (c’est notre marché préféré et de loin).

Mots-clés : citigroup

 

#2 17/10/2012 14h38

Membre (2010)
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Effectivement, ce changement peut être un catalyseur pour une société sous-valorisée et qui dégage des bénéfices.

Cette nouvelle est tout de même guère étonnante au regard de la levée de bouclier lors de la précédente AG sur la rémunération des dirigeants

Elle ne demandait que cela…

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#3 17/10/2012 19h29

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L’affaire est belle même si la société se vend plus chère que BAC:
-La société parvient dans un environnement défavorable de taux d’intérêts artificiellement bas à réaliser un ROE autour de 7% et à mon humble avis ce chiffre ne représente pas encore la capacité bénéficiaire de citi, alors avec des taux d’intérêts plus élevé, on peut viser 12-13% voir plus !
- Même avec les "mauvais" résultats de ces dernières années, la book value tangible a cru de 4$/an, en achetant aujourd’hui, on peut donc vraiment espérer faire au moins 14-15% an.
- La solvabilité de la banque est exceptionnelle: 461bn de liquidité court-terme et équivalent contre 55bn de dettes à court terme, c’est vraiment impressionnant ! On a en plus de cela 12bn de côté en cas de procès et litiges en tout genre, de quoi dormir tranquille.

Par contre je me pose une question: Vikram Pandit, l’ex n°1 a beau avoir été très contesté, il est quand même à l’origine du développement de la société dans les émergents, et je ne sais pas si le nouveau CEO sera en mesure de poursuivre ce (bon) travail …

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#4 17/10/2012 20h10

sergio8000
Invité

Le bilan de BAC est le plus beau de l’industrie pour moi, mais c’est vrai que celui de Citi est très bien.

Comme le montrent les évolutions bilantielles, ces banques font pas mal de sous, et les crédits et dépôts repartent. Maintenant, Citi et BAC vont pouvoir se tourner vers les retours aux actionnaires et l’optimisation de leur earning power. En fait, les deux histoires sont relativement similaires. Le "right-sizing" des opérations me semble plus avancé chez BofA, mais les problèmes juridiques y sont plus nombreux… Mais c’est une difficulté temporaire.

 

#5 18/10/2012 15h02

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Comment faites-vous pour évaluer le bilan des banques ?

Entre le mark to model, mark to market, les dérivés, comment pouvez-vous être sûr des capitaux propres ?

Même un investisseur comme Joe Rosenberg (Loews) indique ne pas vouloir toucher aux banques…

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#6 18/10/2012 18h43

sergio8000
Invité

On prend le rapport annuel, on le décortique, et quand on ne sait pas, on demande aux relations investisseurs ou d’autres spécialistes bancaires. On y passe plusieurs semaines.

La plupart des explications pour BAC ou C sont dans le bilan, mais il est vrai que nous ne savions pas tout, notamment chez C.
Nous pensons que le management de BAC est de la plus grande intégrité (par méthode des ragots et par écoute des calls avec le management), nous avions des doutes sur celui de Citi (de par l’historique de vente d’un mauvais Hedge Fund à la banque avant d’y entrer pour Pandit). Nous avons donc pris une position beaucoup plus réduite sur C après le changement au board (c’était trop cheap malgré nos doutes).

Il ne faut pas oublier non plus qu’on travaille souvent sur des problématique de comptabilité bancaire et qu’on a vu des bilans très folkloriques chez nos clients :-).

A noter que chez BAC, beaucoup d’actifs sont simples (pas autant que chez AIG), ce qui est particulièrement rassurant.

Le fait que beaucoup ne touchent pas aux financières est justement ce qui nous pousse à travailler plus dur sur le sujet. Nous y dénichons beaucoup plus d’opportunités qu’ailleurs, même des net net sans levier (contrairement aux grandes banques).

Dernière modification par sergio8000 (18/10/2012 18h58)

 

#8 09/04/2014 12h34

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Le plan de capital de citigroup a été retoqué par la fed fin Mars
==> il prevoyait des rachats d’actions sur les prochains trimestres de 6,4b$ (5% de la capitalisation actuelle)

Ce plan parassait assez ambitieux (BAC ne prevoit que 2,5% de sa capitalisation actuelle)

D’après ce que je comprends Citi pourrait faire une deuxième demande à la FED

En tout cas je trouve positif cette ambition en terme de buybacks alors que le titre côte sous sa BV et même un peu "couillu" d’avoir demandé autant à la FED

Citi est maintenant la dernière banques US qui cote à la fois sous:
  1. Sa BV tangible (~-20%)
  2. Sa BV comptable (~-30%)

Les TARPs warrants de citi ne parassaissent pas tres interessants selon moi (strikes tres éléves et j’ai l’impression que la parité n’est pas bien prise en compte par le marché car ils coutent plus cher proportionnellement au BAC WS B par exemple qui ont une parité 1:1)

Je vais regarder un peu plus en détail mais j’envisage d’en prendre un peu pour compléter mes BAC

en comparaisons les banques europennes me paraissent tres chères alors que les perspectives sont pas comparable et que detenir une quantité d’obligs souveraines EUR me parait assez risqué..

je reconnais enr evanche que je ne maitrise pas parfaitement ce dossier.. et qu’il y a peut etre des betises dans ce que je dit

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#9 09/04/2014 12h59

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Je lisais ceci hier soir :

Citi Would Be Doing Slightly Better If Not for the Fed

Citi essaie de préparer certains de ses gros actionnaires au fait que le seuil "magique" des 10% de ROE ne serait pas atteint l’année prochaine, comme espéré jusqu’ici.

J’ai une petite ligne Citi que je compte abonder en fonction de la suite des évènements. Je verrais d’un bon oeil la vente de certaines activités pour renforcer le coeur de métier. Sacrifier quand nécessaire la "top line" pour privilégier la "bottom line" : c’est ce qui me fait apprécier un assureur comme Chubb qui est d’une grande rigueur en ce domaine !

Je partage votre avis Q2000 : si Citi arrive à remettre un peu d’ordre dans ses activités, surtout dans les marchés émergents (cf. scandale de corruption au Mexique!) il y a un potentiel d’appréciation de 20-30% en étant conservateur.

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