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[+3]    #51 31/12/2021 08h31

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Flairsou, le 29/12/2021 a écrit :

Chapitre 16 : le fils modèle (?)

Elle a trouvé la solution pour gérer le nouveau restaurant avec un nouvel enfant en bas âge en la personne de Flairsou.
La voyante lui a raconté n’importe quoi. C’est Flairsou qui la rendrait riche. lol

Avec tout le respect que j’ai pour votre parcours familial, je me pose des questions sur ce point. C’est un sujet qui m’intéresse de par ma profession (professeure des écoles).

C’est quelque chose que je vois de façon constante chez les personnes très investies dans leur travail : les enfants sont élevés n’importe comment. Ou plutôt, ils ne sont pas élevés de manière efficiente, selon mes critères de professionnelle de la petite enfance de culture occidentale. (Parce que, à l’échelle du monde, des millions d’enfants bossent d’une façon ou d’une autre, très jeunes, et ça n’empêche pas le monde de tourner).

Mais quand même… Ce que je remarque, dans ces familles, c’est que la construction affective des enfants est bancale et ne permet pas un continuum familial. (Je ne parle pas de la cassure de l’adolescence. Comme le dit B2K, ça, c’est tout à fait normal.) Mais les enfants, dans ces familles, ont des parcours adultes assez décapants : rejet des études, addictions, vie affective difficile, santé difficile. Ils ont une vie riche (en France, on vit bien) mais absolument pas en continuité avec ce qu’ont fait leurs parents. Pas de capitalisation générationnelle.

Je vois que vous n’êtes pas en reste. Un redoublement au lycée (alors que le reste de votre parcours ne montre pas de grosses lacunes), poker à Las Vegas (alors que vous savez qu’il faut, pour certains, tout une vie pour amasser un peu d’argent), rupture avec Madame…

Je suis une vraie fleur bleue et j’aime que mes théories les plus noires soient invalidées. Votre parcours de vie ne me rassure absolument pas de ce côté là. C’est assez compliqué d’expliquer cela par forum interposé… De plus, cela nécessite d’attaquer les parents, ce qu’un enfant refuse de la part de quelqu’un d’extérieur. Je vous souhaite, néanmoins, de trouver une vie apaisée et à la mesure de votre personnalité.

🌲🎅🌲🎅

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[+2]    #52 31/12/2021 09h55

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Bernard2K, le 30/12/2021 a écrit :

Excellent et passionnant récit. Je signale juste une petite lacune : quand se sont mariés vos parents ? Dans quel pays ? Mariage civil et religieux ? Comment ont réagi les familles ? Votre mère était-elle déjà enceinte, ce qui a hâté le mariage ?

Dans votre récit, vous passez de vos parents qui se fréquente à votre mère qui tombe enceinte, puis à votre père qui part à Paris avec sa propre famille, sans passer par la case mariage.

EDIT suite à l’information apportée sur ma réputation. Si vos parents n’étaient pas mariés quand ils ont quitté leur pays, ça change pas mal de choses :
- vraiment, votre mère est tombée enceinte alors qu’ils n’étaient pas mariés ? Les familles n’ont-elles pas alors forcé le mariage, au moins religieux, compte tenu que la morale et la réputation réprouvent un enfant hors mariage ?
- si vos parents n’étaient pas mariés, votre père n’avait aucune obligation de reprendre la vie commune. Vos parents et leurs familles auraient très bien retenir un truc du genre "certes, il a fait un enfant à un flirte de jeunesse. Mais bon, la vie les a séparés ensuite, alors maintenant, la mère célibataire (et d’origine trop modeste) n’a qu’à se démerder toute seule".

Je veux dire que la composition du couple et son caractère officiel ou non, puis la recomposition une fois arrivés en France, sont loin d’aller de soi !

C’est une excellente remarque pour laquelle je manque encore de précision car je n’ai pas posé la question à ma mère. Je ferai les modifications dès que j’aurais des éléments précis.
Il ya certaines données qui sont aussi imprécises dans mon récit (valeur d’acquisition du restaurant, nomber exact de place, etc…) car ma mère ne s’en vouvient plus et jusqu’à présent je n’ai interrogé que ma mère. Il faudra que je pose certaines questions à mon père.

D’autant plus que j’ai décidé d’écrire un livre concernant son histoire. Il faudra que je corrige beaucoup de choses et que j’étoffe certains chapitres certainement.
On m’avait suggéré avec pertinence par mp de demander à faire un sondage pour savoir si ce type d’histoire pouvait intéresser du monde si je souhaitais écrire un livre. je ne le ferai pas.
La raison principale de l’écriture du livre, c’est avant tout de laisser un "héritage historique" pour ma mère qui m’a tant donné.  Après je serai extrêmement ravi si ce livre fonctionne et je serai reconnaissant à l’égard des membres de ce forum car sachez que vous êtes mes tout premiers lecteurs. Ce que j’écris souvent en 20-30 mn, je l’envoie tout de suite sur le forum (avec les fautes d’orthographe, de grammaire et de syntaxe qui vont avec et que je vais devoir corriger).
Vos encouragements, votre enthousiasme, vos commentaires, vos critiques constructives me donnent énormément de force. Et chaque matin depuis quelques jours, je me réveille très motivé à écrire et à partager mon histoire.

Merci à vous tous. smile

Dernière modification par Flairsou (31/12/2021 09h57)

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[+1]    #53 31/12/2021 12h01

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chapitre 20 : Ba (papa)

Mon père vivait comme un rentier depuis très longtemps.
Il adorait nager quand il était au Cambodge et il a fait de sa passion un métier en devenant maître nageur en France.
Il passait ses journées de travail en slip de bain à apprendre à nager aux enfants.
Aujourd’hui, 3 générations d’enfants connaissent mon père, le petit asiatique musclé qui gueulait fort dans la piscine. Quand je discute avec certains d’entre eux qui sont devenus adultes, Ils en ont tous un souvenir attendri.

Quel plus beau métier que de vivre de sa passion, d’apprendre aux enfants à nager en étant fonctionnaire et payé ?
Il a passé des diplômes de Maitre Nageur pour se perfectionner mais il n’a jamais voulu devenir responsable malgré les propositions de ses supérieurs.  "A quoi ça sert de gagner 200 francs de plus avec plus d’emmerdes ?" Avec le temps et ma propre "mauvaise" expérience, je me dis qu’il avait raison. Il était tout simplement épanoui dans son job et n’avait pas besoin de gagner plus. D’autant plus que c’est ma mère qui s’en chargeait.

En ce sens, mes parents étaient extrêmement complémentaires et différents.
Ma mère travaillait beaucoup et avait peu de temps à me consacrer à cause de son travail.
mon père travaillait peu en tant que fonctionnaire, s’occupait des documents comptables et aidait ponctuellement au restaurant pendant son heure de pause et quand il était en vacances. Son bureau était dans ma chambre les premières années où on y a habité et chaque soir, il travaillait dans son bureau.

Et je me rends compte qu’ils étaient tout deux d’une extrême intelligence financière.
Dès qu’ils ont gagné de l’argent, ils ont investi dans des logements au Vietnam pour les faire louer.
Ensuite ils ont acheté un appartement proche de notre maison pour y faire aussi de la location.
Et mon père a commencé à investir en bourse.

Mes parents dépensaient judicieusement l’argent gagné avec une bonne répartition entre Investissement et Loisir.
Ils avaient tout pour monter très haut financièrement parlant avec leur complémentarité.

Et c’est mon père qui a mis Flairsou au sport très jeune. Il m’a appris à nager dès l’âge de 6 ans en m’obligeant à aller à la Piscine tous les mercredis. Il m’a assez vite inscrit au Judo à l’âge de 7 ans et ensuite au Tennis.
Je détestais aller à la piscine surtout l’hiver mais aujourd’hui, je ne le remercierai jamais assez de m’avoir appris à nager.
Il a vu que j’étais doué en anglais dès la 6e (j’avais les meilleurs notes de la classe et j’avais beaucoup de facilité) et m’a envoyé en Angleterre et aux Etats-Unis pour me perfectionner.

L’une des qualités fortes de mon père, c’est sa générosité.
Quand tante N a divorcé avec son mari, elle était en difficulté financière. Il a payé les vacances de mon cousin. Il invitait le fils de notre cuisinier à manger au resto.
Et il y a quelques années une anecdote raconté par ma mère (alors qu’ils étaient divorcés) m’a marqué.
Mon père était parti à un évènement Bouddhiste en région parisienne. Et lors de ces évènements, il y a souvent une tombola pour aider le temple. Le billet devait coutait 50 ou 100 euros et il y avait une voiture neuve a gagné (d’une valeur entre 5000 et 10.000 euros). Mon père a gagné la voiture. Mais il a laissé la voiture au temple en leur disant qu’ils en avaient plus besoin que lui.

Mes parents n’avaient pas des marques d’affection comme on peut voir dans des familles occidentaux avec des câlins mais à leur façon, ils m’aimaient beaucoup. Je m’en rends compte aujourd’hui.

Malheureusement, chacun de nous avons des qualités et des défauts.
Et le défaut principal de mon père, c’était son affection excessif pour la gente féminine. Ce terrible défaut causera la séparation de mes parents.

Dernière modification par Flairsou (01/01/2022 09h46)

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[+1]    #54 31/12/2021 16h28

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Chapitre 21 : la rupture

"Si je n’ avais pas fait les papiers, vous seriez encore encore pauvre avec la famille au Vietnam !" "Flairsou deviendra un bon à rien sans moi ! "(ba / papa)
"C’est moi qui nourris la famille depuis plus de 10 ans en travaillant 12 heures par jour !" (ma /maman)
Dans les disputes, les mots dépassent souvent notre pensée. Et je vous passe les florilèges d’insultes en vietnamien ou cambodgien dont j’étais un témoin malheureusement privilégié.

Les disputes n’ont pas commencé en 1994.
Je ne me souviens pas d’avoir entendu mes parents se disputer quand on était à la cité.
Dans mes souvenirs, elles ont commencé depuis que nous avons acheté la maison. Les disputes n’étaient pas fréquentes et puis chaque couple se dispute après tout.
Je me souviens très bien que ma mère était très énervé contre mon père à son premier retour du Vietnam en 1985 entre autre. Et puis de manière générale à chacun de ses retours d’Asie.
Mais j’ai l’impression qu’elles se sont intensifiés depuis que la maison était vide. Depuis 1991, la maison était vide, il n’y avait plus de tante du Vietnam  et plus trop de raison de mettre de l’eau dans son vin. Le fait d’avoir des gens "étrangers" à la maison permettait de garder un certain équilibre relationnel dans le couple. Ils évitaient de se disputer "publiquement". Et mine de rien de 1982 à 1991, il y avait toujours du monde chez moi.

Dans une rupture, chacun a sa part de responsabilité. Ce n’est jamais la faute de l’autre en totalité. Je le sais d’autant plus avec ma propre expérience de divorcé.
Mais en 1994, de mes yeux de jeune adulte, mon père était responsable à 200%. Ce n’était pas la goutte d’eau qui avait fait déborder le vase mais plutôt la cascade d’eau qui a fait exploser le vase.
Je ne vous raconterai pas les détails car il n’y a aucun intérêt mais si je faisais parti d’une famille célèbre, ce type d’histoire aurait fait les choux gras de "Voici" ou "Closer" pendant plusieurs semaines. J’étais dans une colère noire et effondré. Effondré que notre famille se soit disloquée. J’ai mis presque 20 ans à pardonner à mon père et à renouer des relations avec lui.

Le divorce sera prononcé en 1995.
Mon père garde la maison. Ils revendent leur logement à Saigon et mon père garde sa maison en bord de mer. Avec la soulte reçue, il s’achètera 2 appartements à paris. Il récupère même mon PEL mais je lui laisse l’argent de rage.
Ma mère aura la garde de ma soeur et je vivrais avec elle.
Elle garde le restaurant mais devra verser une soulte à mon père. Elle garde aussi l’appartement locatif qui deviendra notre résidence principale pendant 7 ans. On va vivre à 4 dans 45m2.

Entre temps, les travaux du nouveau restaurant se sont achevés en 1994. Il était plus grand, plus beau ,avec plus de places assises (50-60) et une vitrine gigantesque pour les plats à emporter comparé au précédent.
Mais ma mère allait devoir se débrouiller seul avec son nouvel ami pour faire tourner ce nouveau restaurant.

Une nouvelle vie commençait pour ma mère, ma soeur et moi et elle serait moins joyeuse que les années passées.

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#55 31/12/2021 18h18

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Chapitre 22 : les jours heureux

A l’époque des jours heureux, François Mitterrand était notre président
A l’époque des jours heureux, la maison était pleine de vie
A l’époque des jours heureux, les femmes bavardaient en cuisine, les hommes jouaient aux cartes
A l’époque des jours heureux, les cousins et les cousines rigolaient ensemble
A l’époque des jours heureux, chaque samedi était l’occasion de manger entre amis
A l’époque des jours heureux, chaque dimanche était l’occasion de manger en famille
A l’époque des jours heureux, chaque évènement était l’occasion de faire la fête
A l’époque des jours heureux, j’étais heureux en famille

En 1995, Jacques Chirac est devenu notre président
En 1995, on ne faisait plus la fête le week-end
En 1995, les rires avaient cessé
En 1995, on ne voyait plus personne
En 1995, plusieurs couples avaient déjà divorcé dans la famille et chez les amis
En 1995, mes parents ont divorcé
En 1995,J’étais triste car les jours heureux étaient derrière moi

Dernière modification par Flairsou (31/12/2021 18h34)

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[+3]    #56 31/12/2021 19h55

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Flower a écrit :

C’est quelque chose que je vois de façon constante chez les personnes très investies dans leur travail : les enfants sont élevés n’importe comment.

Je ne prétends pas disposer des mêmes éléments d’expérience sur un sujet dont la pertinence de vos interventions montre la qualité de votre expertise.
Mais je vous trouve bien catégorique dans cette affirmation qui laisse supposer le caractère systématique de la corrélation. Peut etre la qualificatif de "fréquemment" ou "communément"  serait plus adapté que "de façon constante".
Pour ma part je vois "fréquemment" dans mon entourage familial ou social  des familles hyper investies, par choix ou par contrainte, dans leur travail et dont l’éducation de leurs enfants reste une priorité.
Je trouve même que cet investissement familial, malgré les contraintes professionnelles, est souvent apprécié par les enfants comme étant exemplaire. J’ai la naïveté de croire à la force de l’exemplarité en matière d’éducation et au quasi atavisme de cette vertu.
J’ajoute que ces caractéristiques ne sont pas nécessairement liées au statut social, ou au lieu de résidence (urbain ou rural). Je vois des entrepreneurs, des indépendants, des artisans, mais également des agriculteurs , comme mon voisin en Normandie. Parfois (souvent) les 2 conjoints travaillent. Eventuellement ce sont même des familles mono parentales.
Le meilleur ami de ma fille  en prépa était un jeune franco-marocain, fratrie de 2 garçons élevés par la maman , le papa ayant laissé tomber tout ce petit monde après la naissance du cadet. La maman travaillait au service nettoyage d’une société, faisait des ménages chez des particuliers et du repassage à domicile les week-end. Elle veillait à l’éducation de ses garçons, surveillait leurs relations. L’ainé était boursier et faisait le veilleur de nuit dans des hôtels. Les deux ont fait des études brillantes,  ont des emplois à très hauts revenus, des familles et des enfants remarquablement élevés et éduqués. La Maman est âgée et bien sûr bichonnée par tout ce petit monde. L’exemple de la mère et la volonté de lui témoigner leur reconnaissance au travers de leurs propres réussites professionnelles et familiales est un sujet de discussion quasi systématique lors de nos rencontres épisodiques.

Je suis une vraie fleur bleue et j’aime que mes théories les plus noires soient invalidées.

Je suis un peu comme vous. J’espère avoir contribué sinon à l’invalider , du moins à relativiser celle que nous évoquons.  smile
Bon réveillon à ceux qui ont encore l’opportunité de pouvoir le faire.

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#57 31/12/2021 21h50

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Flairsou a écrit :

Chapitre 22 : les jours heureux

A l’époque des jours heureux, François Mitterrand était notre président …
En 1995, Jacques Chirac est président…
En 1995,J’étais triste car les jours heureux étaient derrière moi

Est-ce conjoncturel ou pensez vous qu’il y ait effectivement un rapport de cause à effet entre les Présidents et les situations que vous évoquez ?

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#58 31/12/2021 23h00

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Principalement conjoncturel. Les présidents n’ont pas été la cause du divorce. 😬
Et puis c’était une « drôle » de coïncidence après 2 septennats qui se terminaient et un nouveau qui commençait. Cependant,beaucoup de commerçants de l’époque disaient qu’ils n’avaient jamais gagné autant d’argent sous Mitterrand. Et l’apogée des gains de ma mère, c’était durant la décennie des années 80 et début 90.
Je le vois aussi avec l’évolution du centre commercial où j’étais : dans les années 80, il y avait majoritairement des indépendants. Ils ont disparu peu à peu à la fin des années 90. Aujourd’hui, il y’a quasiment plus d’indépendant dans les centres commerciaux : soit c’est des succursales d’enseigne ou des franchisés. Même si les centres sont plus modernes qu’à l’époque , ils sont devenus sans âme et uniformisés. On vend les mêmes produits (mediocres) dans les mêmes enseignes dans tous les centres commerciaux. Les loyers sont devenus hors de prix et impossible à assumer pour les indépendants. Le centre commercial où était installé ma mère a été racheté par un fonds de pension coréen il y a quelques années avec l’exigence de rentabilité qui va avec, bien entendu.

Dernière modification par Flairsou (01/01/2022 10h12)

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#59 01/01/2022 08h49

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Cest tout à fait exact pour les centres commerciaux. On pourrait étendre la remarque et presque dire pareil de certains centre-villes qui n’ont quasiment plus que des franchisés ou succursales d’enseigne comme commerces de détail, avec un copié-collé des mêmes enseignes d’une ville à l’autre.

Je le vois par chez moi, cest le cas de Poitiers.

Mais ce n’est pas une fatalité car celui de Limoges, de taille proche et distante de 120 km, à quant à lui gardé pas mal de commerçants indépendants et donc une âme au niveau de ses magasins.

Heureusement, c’est par ses nombreux restaurants que le centre-ville de Poitiers garde de son coté une âme.  Sûrement grâce au tourisme (futuroscope). Il y en a beaucoup moins en centre ville de Limoges si on compare.

Dernière modification par julien (01/01/2022 08h51)

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#60 01/01/2022 11h28

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chapitre 23 : Le dortoir

Notre appartement était idéalement placé. il se trouvait juste en face de la gare dans un immeuble de 4 étages. La construction de cet immeuble s’était achevé 2 ans plus tôt. Notre appartement se trouvait au dernier étage et nous avions un box fermé pour garer la voiture.

Notre appartement n’a quasiment jamais pris de valeur même jusqu’à aujourd’hui, malgré son emplacement idéal. Pourquoi ? pour la simple et bonne raison que cet appartement était situé dans l’une des villes les plus pauvres de la région parisienne et que notre appartement était collé à l’une des cités hlm les plus malfamés de la région. Il arrivait régulièrement que les femmes se fassent arracher leurs sacs à la gare. On m’a aussi arraché mon sac à dos une fois. Il y avait un joli petit parc entourant notre résidence mais aucune famille ne s’aventurait avec leurs enfants dans ce parc pour la simple et bonne raison qu’il était monopolisé par les trafiquants de drogue. De mon balcon, j’étais aux premières loges pour voir les dealers prendre leurs marchandises cachés dans les buissons.

Dans notre appartement de 45m2  il y avait une salle de bain, une cuisine ouverte, un salon, un petit balcon et une chambre de 10m2. En 1995, nous allions y habiter à 4 : moi, ma soeur, ma mère et le nouvel ami de ma mère.
Je dormirai dans la chambre avec ma soeur de 8 ans sur un matelas posé à même le sol. J’y installerai une télé et mon bureau d’ordinateur dans ctte chambre.
Le salon était transformé en chambre pour ma mère et son ami. ils avaient aussi un matelas posé à même le sol, une commode faisait office de cache vue pour garder leur intimité. Ma mère y avait mis une grande armoire dans le salon pour que nous puissions tous y déposer nos vêtements. Il y avait une petite table à manger. Bien entendu, on a trés peu mangé ensemble sur cette table et ma mère n’a jamais invité ses amis dans notre appartement. On était dans cet appartement seulement pour dormir.

J’étais étudiant à l’époque. Durant mes années d’étudiant, j’allais systématiquement en bibliothèque pour réviser mes cours. Il y avait une bibliothèque parisienne qui fermait à 22h et je faisais souvent la fermeture de la bibliothèque. Je travaillais aussi le week-end en tant que veilleur de nuit dans les parkings. ça permettait à ma soeur d’avoir le lit pour elle toute seule quasiment chaque week-end.
Pour éviter que ma petite soeur se retrouve dans une des écoles malfamés de la ville, elle était inscrite en école privée.

Ma mère n’a pas acheté de lit car elle pensait certainement que cette situation serait temporaire le temps d’acheter une nouvelle maison. Mais avec la soulte à payer à mon père, elle avait un nouveau crédit sur le dos. Et sa situation avait aussi changé. Elle était désormais divorcée avec 2 enfants à charges. La pension alimentaire versée par mon père était ridiculement faible.
Elle n’avait pas d’autres choix que de cravacher dur dans le nouveau restaurant pour nous sortir de cette situation. Cette situation temporaire aura duré 7 ans.

Dernière modification par Flairsou (01/01/2022 15h26)

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#61 01/01/2022 13h59

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chapitre 24 : le nouveau restaurant

Le nouveau restaurant est désormais situé devant l’entrée du centre commercial et nous sommes voisin du MacDonald.
L’ancienne galerie où était situé le précédent restaurant et la boutique est désormais complètement bouchée et murée. Que c’est triste. Toute l’aventure entreprenariale de ma mère y avait débuté. Et puis comme un symbole du divorce de mes parents et de tout ce qu’ils avaient construit ensemble, ce passé était révolu, effacé à jamais.

Le nouveau restaurant était plus grand que l’ancien. La devanture était bien plus large. Le défaut de l’ancien restaurant était que sa devanture était étroite et le restaurant était en longueur. on pouvait se sentir à l’étroit.
La devanture du nouveau restaurant est beaucoup plus large ainsi que la salle. Ça fait une sore de gros carré et les clients qui passent devant ne peuvent pas nous louper. Ma mère a profité du financement gratuit des travaux pour créer sur le coté gauche au niveau de l’entrée de la salle une sorte de podium et en desssous du podium, il y avait un aquarium géant. En gros, les gens pouvaient déjeuner sur le podium et sous leur pied en dessous des dalles transparentes, ils pouvaient voir les poissons nagés. Ça faisait son petit effet. Mais au fur et à mesure du temps, les dalles se sont obscurcis et on voyait difficilement les poissons. L’avantage de la salle était que nous pouvions organisé les tables pour accueillir jusqu’à une douzaine de personnes qui souhaitaient manger ensemble, ce qui était impossible avec l’ancien restaurant et je ne vous parle pas de la boutique…
Il y avait aussi désormais une énorme vitrine réfrigérée en angle. Elle pouvait faire concurrence avec le traiteur asiatique désormais. Il y avait un comptoir au niveau du bar où les gens seules pouvaient déjeuner. A l’étage, il ya avait les toilettes désormais individualisé pour les hommes et les femmmes, un bureau où était installè une douche et des toilettes pour le personnel et un local qui faisait office d’entrepot pour la marchandise en plus du local annexe qu’on avait à disposition. Le principal défaut du nouveau restaurant était que la cuisine était plus petite que l’ancienne. Rassurez-vous, elle ne faisait pas 1m2 comme l’ancienne boutique.  Son nouveau restaurant était vraimend grand !

Le nouveau restaurant avait un style japonais et il y a une raison pour cela. Ma mère avait envisagé d’ouvrir un restaurant japonais au lieu d’un restaurant vietnamien. A la fin des années 80, la cuisine japonaise commençait à avoir beaucoup de succès en France. Il n’y en avait pas de restaurant japonais dans le centre commercial. Le principal inconvénient d’un restaurant japonais, c’est que le cuisinier coûte bien plus chere à recruter qu’un cuisinier vietnamien. Ma mère a pris peur et a préféré rester sur ce qu’elle maitrisait le mieux au monde, la cuisine vietnamienne. Avec le recul, je pense qu’elle aurait été capable de s’adapter et qu’elle aurait cartonné.

J’aidais de temps à autre au restaurant, principalement pour gérer la vitrine car il y avait besoin quasiment d’une personne à plein temps pour les plats à emporter. De temps à autre, je faisais le serveur. Du temps où j’aidais ma mère, je n’ai jamais mis les pieds en cuisine. Je regrette des fois aujourdhui car peut-être que ça m’aurait donner envie de lui succéder…

Le nouveau restaurant servait aussi à ma mère pour y inviter ses amis à déjeuner le dimanche. Vu qu’elle ne pouvait inviter personne dans l’appartement et Vu que le centre commercial était fermé le dimanche et qu’on se trouvait à proximité de la sortie, elle pouvait se servir de son restaurant pour inviter ses amis à déjeuner. J’y allais de temps à autre à ces fêtes mais ce n’etait pas pareil. Les gamins ne pouvaient s’amuser nulle part, il n’y avait pas de jardin en centre commercial.

Le nouveau restaurant existe toujours aujourd’hui. La nouvelle patronne (les femmes sont les meilleures, y’a pas à dire) y fait de la bonne cuisine et elle a mis en place un concept que j’avais déjà suggéré à ma mère. Sur l’ancien bar, il ya désormais un comptoir à soupe "Pho". Donc les clients peuvent voir la cuisinière préparer leur soupe. Le podium existe toujours sans l’aquarium.

Malgré tout, je suis moins attaché au nouveau restaurant qu’à  l’ancien et surtout à la boutique…Peut être est-ce dû à la nostalgie des jours heureux ou tout simplement au fait que le dernier restaurant de ma mère vit toujours au travers de la nouvelle propriétaire.

Dernière modification par Flairsou (01/01/2022 16h45)

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[+2]    #62 01/01/2022 16h16

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chapitre 25 : le changement, c’est maintenant !

En 2002, Jacques Chirac était réelu président de la République avec plus de 80 % des voix en sa faveur contre le candidat FN Jean-Marie Lepen.
Son premier septennat avait débuté tristement pour ma famille mais son nouveau quinquennat débutait avec beaucoup d’espoir. Ma mère venait d’acheter une maison.

Apres quasiment 7 années de dur labeur, elle a remboursé ses crédits et pouvait donc légitimement sollicité sa banque pour un prêt immobilier. Compte tenu qu’elle serait la seule empruntrice et avec toujours 2 enfants déclarés à charge, sa capacité d’emprunt serait limité. Il faudra trouver une maison pas trop chère avec de nombreux travaux à effectuer.

Après de nombreuses visites auxquelles j’ai aussi participé, ma mère trouvera son bonheur pour une maison située dans une zone pavillonnaire, pas si loin de notre ancienne maison. En face de sa future maison, il y a un local professionnel d’une entreprise de batiment (qui aura une importance dans un rpochain chapitre). L’avantage de cette maison, c’est qu’elle est située à 15 mn à pied du futur lycée de ma petite soeur. Il y a tout à refaire mais il y a une surface habitable de 140 m2 avec 5 chambres. Il lui en coutera 150.000 euros hors coût des travaux. Ma soeur aura enfin sa chambre personnelle et moi aussi. Il y a 3 etages dans cette maison. Au rez de chaussée, en plus du garage, il y a 2 chambres dont une qui sera la mienne et l’autre qui sera transformé en salle de bain.  Au premier étage, il y a le grand salon, la cuisine ainsi qu’une chambre qui servira à y loger les cousines du Vietnam. Au dernier étage, il y a la chambre de ma mère et de ma soeur ainsi qu’une salle de bain. Elle se fera plaisir en y installant un jacuzzi dans l’immense salle de bain.
Cette nouvelle maison était plus grande que notre première maison.

Ma mère a mis en location l’ancien appartement où nous avons vécu 7 ans à ma cousine et son mari.

Une vie plus agréable commençait enfin pour ma mère. On allait pouvoir vivre plus décemment ensemble.
Sauf que Flairsou n’allait pas y rester très longtemps dans cette maison.
Le viet kieu était tombé amoureux d’une vietnamienne en 2000 et ma mère allait bientôt financer mon mariage…

Dernière modification par Flairsou (01/01/2022 16h48)

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[+1]    #63 01/01/2022 19h34

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chapitre 26 : la rencontre

En cet été de l’an 2000, je revenais au Vietnam pour la cinquieme fois en vacances.
Je ne vous l’ai pas dit ? en plus de 1984 et 1989, j’y étais retourné en 1994 et 1998.

Ce qu’il faut savoir, c’est qu’à chaque voyage au Vietnam, ma valise était chargée à bloc. Ma mère se servait systématiquement de ma valise pour y mettre tous les produits (medicaments surtout)qui pouvaient se vendre au Vietnam en plus de l’argent et des cadeaux pour la famille.

En 1994,  après l’obtention de mon bac (après l’avoir loupé l’année précédente) et en pleine période de tension familiale, ma mère m’avait donc envoyé seul au Vietnam pour me faire changer les idées.
Les oncles et les tantes avaient désormais tous leur logement. Une des tantes tenait le café de l’immeuble de ma mère et une autre faisait le petit déjeuner pour les clients (au Vietnam, au petit dejeuner, on boit souvent de la soupe comme le Pho) . j’habitais chez mes grands parents. Mon Grand père était très malade et il était allongé constamment sur un lit (il décèdera en 1996). Saigon avait changé. il y avait moins de vélos mais beaucoup plus de motos dans les rues avec encore très peu de voiture. Ma famille du Vietnam vivait beaucoup plus decemment qu’avant.
Cette année là, Je suis allé à Nha Trang pour la première fois avec un de mes oncles. Nha Trang était encore une station balnéaire relativement désertique avec peu de touriste et peu d’hotels mais la mer y était agréable. A vrai dire,  les vacances étaient sympa mais pas inoubliable. Je sortais à peine de l’adolescence, je parlais un vietnamien très mauvais et je connaissais pas grand monde mis à part la famille et les cousins.

ça a changé en 1998 où j’étais un peu plus dévergondé et où j’ai connu les folles nuits de Saigon. Autant en 1984, la ville m’avait charmé le jour en tant qu’enfant. Autant en tant que jeune adulte, la ville m’avait ensorcelé la nuit.
Je sortais avec une vietnamienne qui faisait parti d’un groupe de danseuses et tous les soirs on allait en boite de nuit. Ce qu’il faut savoir, c’est que les boites de nuit fermaient très tôt à l’époque (vers 1h du matin). Et à chaque sorti de boite, on allait manger dans un restaurant ou dans un street food avant de rentrer dormir chacun chez soi.C’est vraiment quelque chose à faire et que font tous les vietnamiens : ils vont manger après danser.
Mes oncles m’amenaient dans les restaurants "secrets" de la ville pour y découvrir toutes sortes de spécialités culinaires que je n’avais jamais gouté jusqu’à présent (lézard, serpents, crocodiles, vers et chiens… oui oui j’ai gouté au chien). toutes ses sorties étaient prétexte à boire jusqu’à plus soif et je rentrais chaque soir chez ma grand mère pas très frais.
je n’ai pas bougé de Saigon pendant toutes les vacances.

Vous aurez compris qu’après 1998, je ne voulais plus attendre tous les 4 ans pour partir au Vietnam mais je voulais y alller tous les ans !
Bref, je n’ai pas pu y revenir en 1999 car j’effectuais mon service militaire et je reviens donc en l’an 2000 où avec 2 de mes cousins on s’est inscrit chez un tour opérator pour aller à Nha Trang.
Les tours opérators proposaient des voyages organisés pas très chers pour visiter divers endroit touristique au Vietnam en 3 ou 4 jours et vu que j’ai une préférence pour la mer, on est donc parti à Nha Trang avec une trentaine de touriste vietnamien. Le bus s’arrêtait dans divers endroits sur le chemin pour récupérer les touristes.
Et c’est là que je l’ai vu pour la première fois…

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#64 02/01/2022 09h49

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chapitre 27 : coup de foudre à Nha Trang

Au départ pour Nha Trang, le bus s’arrêtait en chemin à plusieurs endroits du centre de Saigon pour récupérer les touristes faisant parti du groupe. Avec ce type de tour opérateur, il y a trés peu de touriste étranger mais exclusivement des vietnamiens et de temps à autre quelques Viet Kieu. J’étais le seul Viet Kieu pour ce voyage. Les touristes vietnamiens qui montaient dans le bus étaient surtout des groupes de famille avec des enfants en bas âge ou avec quelques adolescents. Il y avait aussi quelques groupes d’hommes plus ou moins de mon âge. En sortant de Saigon, le bus s’est arrêté au district de Thu Duc. Thu Duc est une sorte d’arrondissement de Saigon mais plutot éloigné avec une densité de population beaucoup moins forte que le centre. L’équivalent français serait par exemple la première couronne parisiennne.

En s’arrêtant pour récupérer les derniers touristes à Thu Duc,moi qui était déjà assis et collé à la vitre,  je remarque une fille qui allait monter dans le bus et qui sortait du lot pour deux raisons.
D’une part à cause de sa tenue. La fille était toute de blanche vêtue en robe un peu comme une joueuse de tennis. C’était d’autant plus étonnant que c’était extremement rare de voir une fille s’habillée entièrement en blanc pour sortir en pleine journée sauf les lycéennes qui avaient leur tenue traditionnelle obligatoire. Avec la pollution des véhicules sur les routes du centre ville, le blanc change très vite de couleur.
D’autre part à cause de son physique. Elle n’avait pas les critères de beauté classique des vietnamiennes. Pour les vietnamiennes, l’un de leur critère de beauté est d’avoir la peau la plus claire possible comme une européenne. C’est pour cette raison que vous voyez au Vietnam les femmes complètement recouvertes de la tête au pied lorsqu’elles sont en motos la journée. Elles évitent le soleil coute que coute. Celles qui ont la peau bronzée sont considérés comme les pauvres de la campagne qui travaillent dans les rizières sous un soleil de plomb qui noircit leur peau. Et cette fille que je trouvais fort jolie avait la peau bronzée un peu comme une cambodgienne.

Il ne s’est rien passé à Nha Trang durant ces quelques jours passés en groupe. Il faut dire que je suis un "expert" de la drague.Je suis un mixe improbable entre un Jean Claude Dus dans "les bronzés" et de Pierre Richard  dans "le blond à la chaussure noire". Pour couronner le tout, je parlais vietnamien aussi bien qu’une vache espagnole.
Mon seul avantage (à l’époque), bien que je ne suis pas bien grand, était que je répondais aux critères de la beauté masculine aux yeux de certaines vietnamiennes. Et j’avais la peau trés claire pour un vietnamien, ce qui plaisait beaucoup. Et peut-être que mon statut de Viet Kieu conférait certainement un avantage aussi. Mais à l’époque, je m’en préoccupais guère et si sur un malentendu je peux sortir avec une jolie vietnamienne, je n’allais pas m’en priver.

Bref, cette fille qui avait 3 ans de moins que moi me plaisait bien et je savais que je lui plaisais. On a discuté et mangé ensemble avec un petit groupe durant toute la durée du séjour. Même si je suis pas trés doué pour la drague,  j’arrive quand même à décoder certains signaux. Et puis dans le groupe, les gens nous poussaient assez lourdement pour qu’on soit ensemble.
Au voyage du retour à Saigon, j’ai pris mon courage à deux mains et je me suis assis à coté d’elle dans le bus et on a discuté tout le long du retour. Elle m’a donné son numéro de têléphone.

Et tout s’est acccéléré à Saigon lorsqu’au bout de 2 jours, j’ai décidé de l’inviter à déjeuner. On était officiellement ensemble et on se voyait tous les jours une fois son travail fini. Je me souviens d’une anecdote où elle m’a emmené au cinéma (cette fois c’etait un "vrai"  cinéma, pas comme en 1984) et ce cinéma avait la particularité d’avoir des fauteuils uniquement pour deux. C’est-à-dire qu’il n’y avait pas d’accoudoir entre deux places. En gros, tous les couples se donnaient rendez-vous dans ce cinéma. Je ne me souviens plus du film qui était diffusé par contre. 😁
Elle travaillait dans une université dans Saigon à l’époque. Elle avait une soeur ainée qui avait un an de plus qu’elle et elles vivaient ensemble avec leur mère.
Mais pour qu’on puisse envisager un futur ensemble, il fallait que je rencontre sa mère…

Dernière modification par Flairsou (02/01/2022 14h39)

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[+2]    #65 02/01/2022 10h51

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Bonjour,
J’ai du respect pour votre histoire Flairsou, mais je suis aussi bluffé par la puissance d’une histoire, du  "Storytelling" avec vos dizaines de points de réputations gagnés nous pouvons avoir une idée de ce qui peut animer la foule c’est stupéfiant et enrichissant et très utile pour ceux qui aiment entendre les petites histoires mais aussi pour ceux qui veulent avoir un idée de ce que ça provoque comme sentiment chez les gens.

Mercii sincèrement d’avoir relater votre expérience.

Dernière modification par vbvaleur (02/01/2022 10h56)

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[+1]    #66 02/01/2022 11h01

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chapitre 28: telle mère, telle belle-mère

Sa mère était riche.
Et elle a crée cette richesse toute seule comme ma mère.
D’ailleurs, le parcours de vie de ma future belle-mère avait étonnament de fort similitude avec celle de ma mère :
- tout comme ma mère, elle est partie à l’étranger pour  gagner de l’argent (Allemagne)
- tout comme ma mère, elle n’avait plus de mari (le sien est décédé quelques années après la guerre suite à une maladie)
- tout comme ma mère, elle avait 2 enfants (2 filles)
- tout comme ma mère, le bouddhisme a une place prépondérante dans sa vie
- tout comme ma mère, elle est sa propre patronne et c’est ce qui lui a permis de s’enrichir.

Mais le tour de force de ma belle mère, c’est qu’elle a réussi a crée une richesse équivalente si ce n’est supérieure à ma mère en créant un business au Vietnam, et voici comment :
Le Vietnam avait un partenariat avec l’Allemagne. Grace à ce partenariat, les vietnamiens pouvaient partir en Allemagne travailler dans des entreprises en tant qu’ouvrière pendant une durée de 2 à 5 ans.
Elle était parti seule en Allemagne laissant ses 2 filles à la garde des grands parents pendant quasiment 5 ans. Elle est revenue au Vietnam et grâce à l’argent gagné d’Allemagne, elle a pu acheter une petite maison de 50 m2 en centre ville d’une rue commerçante dans laquelle elle a crée un business au rez de chaussée.
Son magasin vendait principalement des matelas mais aussi divers ustensiles pour la maison.Son magasin était un bordel sans nom et ne payait pas de mine parmi ceux de ses concurrents. Son principal avantage concurrentiel était qu’elle avait obtenu les droits pour vendre en exclusivité dzns la ville de Thu Duc un matelas en caoutchouc qui était trés populaire au Vietnam. j’ai toujours ce matelas dans ma chambre.
Son commerce a tout de suite trés bien fonctionné, ce qui lui a permis d’acheter plusieurs terrains et maisons dans la ville de Thu Duc au cours des années 90 et 2000, qui ont bien entendu pris énormément de valeurs. Avec l’argent gagné, elle exerçait aussi la profession officieuse d’usurière, ce qui lui permettait d’avoir des revenus complémentaires important.

Quand je vous disais que les vietnamiennes sont de vrais patronnes… En tout cas, ma belle mère avait énormément de mérite. Et en plus de ça, elle m’appréciait énormément, même aujourd’hui elle a des regrets. Elle m’a considéré assez vite comme son beau fils.
Il y avait des signes qui ne trompaient pas, pensais-je à l’époque.
La similitude du parcours de vie de ma belle mère et de ma mère, la richesse de sa famille qui me rassurait aussi incnsciemment Je me disais certainement que cette fille ne m’épousait pas car ma mère avait de l’argent ou que j’étais Viet kieu. elle pouvait vivre la belle vie au Vietnam avec sa mère et si elle avait le choix, elle aurait choisi un Viet Kieu américain et pas français. Bref, elle était vraiment amoureuse de moi et moi d’elle.
c’est pour cette raison que je suis retourné au Vietnam chaque année entre 2000 et 2004. Je me suis fiancé en 2002.
et en cette année 2003, avec ma mère, ma soeur ainsi que quelques tantes et oncles venus de France, nous allions célébrer mon mariage au Vietnam…

Dernière modification par Flairsou (02/01/2022 12h59)

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[+2]    #67 02/01/2022 11h14

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Flower, le 31/12/2021 a écrit :

C’est quelque chose que je vois de façon constante chez les personnes très investies dans leur travail : les enfants sont élevés n’importe comment.

Pour ma part j’ai plutôt l’impression de voir l’inverse dans bien des familles de mon entourage, des parents qui "se laissent aller", les enfants livrés à eux-même ( j’évite volontairement le cliché "en bas des tours" ) pendant que maman mate le dernier épisode des marseillais et papa joue à FIFA avant d’aller au bistrot. Aucun investissement dans les devoirs, intérêt pour la culture générale la plus basique proche du néant….Pas le meilleur exemple d’épanouissement à mon avis.

Je ne discute aucunement votre avis, je tenais juste à vous opposer mon ressenti même si certains risquent de crier au flagrant délit de caricature réac’.

Mais vous avez peut-être raison, c’est sûrement ce nouveau mode de l’éducation à l’occidentale qui semble devoir s’imposer.

Bon dimanche

Dernière modification par pasqua (02/01/2022 11h15)

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#68 02/01/2022 11h43

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vbvaleur a écrit :

Bonjour,
J’ai du respect pour votre histoire Flairsou, mais je suis aussi bluffé par la puissance d’une histoire, du  "Storytelling" avec vos dizaines de points de réputations gagnés nous pouvons avoir une idée de ce qui peut animer la foule c’est stupéfiant et enrichissant et très utile pour ceux qui aiment entendre les petites histoires mais aussi pour ceux qui veulent avoir un idée de ce que ça provoque comme sentiment chez les gens.

Mercii sincèrement d’avoir relater votre expérience.

Je lis énormément de biographie. ça va de Warren Buffet, Elon Musk, Jack Ma, en passant par Nelson Mandela, Steve Jobs, Bill Gates, Michael Jordan, Jacky Chan , Arnold Schwarzenneger… bref tout ce qui me passe par la main et pour lequel j’ai du respect pour leur vie ou pour leur carrière… J’ai besoin d’une sorte de mentor pour me guider.
Et des fois, ce mentor on l’a en face de nous depuis longtemps sans s’en rendre forcément compte. Il faut savoir que j’ai des relations pas forcément simple avec ma mère. On n’a pas forcément des discussions  profondes ensemble. Et dire je t’aime à ma mère est trés compliqué pour moi. Peut-être est-ce du à ma culture asiatique ou simplement mon caractère. Elle même n’a pas forcément un caractère simple. Mais je sais tout ce que je lui dois et je me suis rendu compte de la force de sa réussite financière que trés recemment. C’est quand elle m’a dit l’année dernière qu’elle est arrivée en France avec 20 dollars que ça a déclenché  cette écriture. Jusqu’à present, je m’étais pas posé beaucoup de questions sur sa reussite et sur ses sacrifices.
Ce que j’ecris, je pense que ça me sert aussi de psychotherapie pour moi. Et mine de rien, il y a de la richesse dans sa vie, comme dans beaucoup de vie d’ailleurs. Et là où je suis agreablement surpris, c’est que cette histoire touche autant de gens.

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#69 02/01/2022 12h04

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Oui c’est bien et ça part d’un bon sentiment alors c’est récompensé, avec votre histoire sincère je n’y vois aucun problème.
Mais c’est les mêmes mécanismes qui poussent aussi les gens à faire n’importe quoi et adhérer à des bêtises. 
Par exemple pour la biographie d’Elon et Schwarzy il y’a beaucoup de passages dedans qui m’ont donnés une sale impression de malhonnêteté.
Pourtant l’un est devenu gouverneur et l’autre carrément l’homme le plus riche du monde et ça c’est pas uniquement du à leurs réussites sur le terrain mais surtout à la foi des gens en eux.
(A ce jour Elon à cramé plus d’argent qu’il en à créé)
Encore de beaux exemples de la puissance du storytelling pourtant ces gars là ont mitonnés toute leur vie et c’est rare quand ils tenaient leurs engagements.

Attention ce n’est pas votre cas et j’ai aucune mauvaise impression de vous et de votre histoire.

Dernière modification par vbvaleur (02/01/2022 12h11)

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[+1]    #70 02/01/2022 13h28

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Bonjour.
Certaines thérapies prônent d’écrire sa biographie année par année. Moyen de reprendre en main son histoire.
Vous parlez des relations pas forcément faciles avec votre mère, ça corrobore ce que me disait un ami avec des origines viets, et j’ai senti la puissance des femmes dans les maisons où je suis allé à Noyant d’Allier.
Et cette puissance peut être étouffante, je pense.
Le Vietnam a une histoire forte, il a vécu guerres sur guerres. J’ai toujours été frappé par le fait que bien des enfants viets de Noyant ont fait carrière dans l’armée ou la gendarmerie. Clairement la culture du combat est en arrière-plan, et d’ailleurs quand je sortais en boîte dans les années fin 80 début 90, quand les viets débarquaient tout le monde présageait une bagarre à l’actif, et surtout ça semblait terroriser tout le monde.
On semblait voir arriver une bande de Bruce Lee. Quelqu’un m’a décrit un jour un habitant du village avoir effectué un double coup de pied sauté sur le pare brise d’une voiture, certains soignent leur réputation jusqu’à la caricature !

Nous avons sympathisé avec la restauratrice de Noyant: sa mère faisait déjà le job, toute la famille participe au service ou à la boutique, la puissance active du clan familial est puissamment mise à contribution, comme le raconte votre histoire.
Elle a un esprit entrepreneurial étonnant et une intelligence stratégique en affaire, en relations humaines, et elle a agrandi son restau l’an passé.

Concernant le bouddhisme, j’ai suivi un jour un patient qui résidait à la pagode. Clairement parlant il m’a dit que le bouddhisme l’avait libéré de l’alcoolisme. Le moine responsable du temple l’avait mis à l’épreuve à l’ancienne, dans un récit digne des textes anciens du bouddhisme zen ou des arts martiaux: il avait fait déplacer un tas de sable par lui et ses deux compères. Deux jours après, rebelote, il dit que non, faut plutôt le mettre là. À la troisième fois les deux compères sont partis, et mon patient est resté. 7 ans après il était encore là.
Mais le truc le plus fort culturellement chez les viets est le culte des ancêtres. Pas une maison sans la photo des parents en hauteur avec un petit autel à encens à côté, en tous cas la lignée familiale est toujours en hommage dans le foyer.
Et à Noël je repartais toujours avec un sac d’une dizaine de nems offert généreusement dans une maison: clairement ça ne cuisine pas à moitié que ce soit en qualité ou en quantité.
Mais maintenant les petites vieilles viets au chapeau pointu sont quasiment toutes décédées, j’ai vu la fin d’une génération.
Mais en 1956 ils avaient ouvert 4 classes pour les enfants, en plein cœur de la campagne bourbonnaise, c’était une vraie révolution culturelle, et une identité rare dans cette commune rurale en plein cœur du bocage bourbonnais.
Tout le monde ne peut pas acheter dans la boutique de quoi cuisiner asiatique, manger au restau viet, ou aller dans une pagode bouddhiste, en plein milieu de la campagne française.

Merci en tous cas pour votre récit. J’adore.

Et aussi, une ancienne restautrice (une autre), m’a raconté comment elle s’est soigné diverses maladies par acupuncture et massage médical, par des nonnes bouddhistes dans un temple, qui tenait lieu de dispensaire. Séances tous les jours pendant des cures de plusieurs jours, pour un prix dérisoire, ce qui est infaisable chez nous. Elle disait que ça l’avait beaucoup aidé notamment dans une dépression profonde.

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#71 02/01/2022 14h23

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chapitre 29 : le mariage traditionnel vietnamien

En ce mois de juillet 2003, j’allais me marier au Vietnam.
Ma mère et ma belle mère financeront entièrement notre mariage.mon père n’était pas invité.
Ce mariage va durer 2 jours consécutifs. Le premier jour sera financé par ma mère et le deuxième par ma belle mère.
Je ne sais pas ce qui m’attend. Je parle désormais un peu mieux vietnamien à force de cotoyer ma future femme mais je ne maitrise pas toutes les subtilités de la langue et je ne sais absolument pas comment va se dérouler le mariage et ce que je dois faire. Il faudra juste que je suive les instructions et que je hoche la tête de temps à autre, m’ont-ils dit.

Le mariage commence tôt. Il y a des horaires à respecter. Donc je me réveille avec ma mère et ma soeur à 6h du matin dans l’appartement de son petit immeuble. Je m’habille et je dois être prêt vers 8h pour arriver à la maison de ma grand-mère qui se trouve à 20 mètre de notre logement.
Arrivé sur place, toute la famille du côté de ma mère ainsi que ses amis étaient présents. il y a 8 garçons d’honneur qui devront porter les présents à la mariée. Il y a un autel des defunts qui a été préparé sur la table de la salle à manger pour informer les ancêtres de mon intention de me marier. Je ne ferais naturellement aucun discours en vietnamien, laissant l’oncle ainé de la famille faire le discours et me contentant de prier en brulant de l’encens en l’honneur des défunts.

Après avoir demandé la bénédiction de mes ancêtres, je partais avec le cortège familial vers la maison de la future mariée pour demander officellement sa main.
Arrivé chez elle, tous les membres de sa famille étaient présents, entre les oncles, les tantes, les cousins plus ou moins éloignés. Cela représentaient au moins 50 personnes.  Les garçons d’honneur donnèrent les présents dans des plateaux enveloppés d’un tissu rouge aux demoiselles d’honneur du coté de la marié. Le représentant de ma famille a fait un discours pour demander l’union de nos 2 familles. Et l’ainé de la famille de ma femme en a fait de même pour accepter l’union. J’ai aussi prié  sur l’autel des ancêtres de sa famille.
Ensuite, les 2 familles se sont réunis autour des tables préparés par la belle famille pour manger et surtout boire en notre honneur. Bien entendu les mariés n’ont quasiment rien mangé et bu se contentant de passer de table en table pour prendre des photos.
Et la journée était loin d’être terminée. Ma mère avait financé le restaurant pour célébrer notre mariage le soir. En plus des 2 familles réunis, les amis proches de chaque famille s’était joint à la fête.  Et on a fait de même le lendemain soir, cette fois-ci ma belle mère avait financé le repas des convives. Ce fut un beau et grand mariage

Il fallait maintenant préparer l’arrivée de ma femme en France.

Dernière modification par Flairsou (02/01/2022 16h53)

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#72 02/01/2022 17h36

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chapitre 30 : le soutien d’une mère

Après être resté 6 mois au Vietnam pour faire les papiers de ma femme, nous revenons ensemble en France en septembre 2004.
Ma femme était tombé enceinte depuis peu. Nous avons pris peur. Elle venait d’arriver en France et je n’avais pas encore de travail stable depuis mon retour. Ma mère ne nous a mis aucune pression et malheureusement, on a décidé de ne pas garder l’enfant.
Avec le recul, j’ai un énorme regret. La naissance de notre enfant n’aurait certainement pas sauvé notre couple mais la place de l’enfant dans la religion bouddhiste est importante. Avoir un enfant est une chance, un bonheur inestimable et nous avons "tué" notre enfant.
J’aurais aimé que ma mère me donne des conseils à cette époque pour m’encourager à garder notre enfant. Et son exemple personnel aurait dû me convaincre qu’on pouvait y arriver malgré les obstacles et les difficultés. J’étais encore trop immature à l’époque.

Nous avons vécu quelques mois dans la maison de ma mère et on y était bien installé. Mais ma mère voulait qu’on ait notre intimité et nous a laissé l’appartement qui était vide depuis peu sans devoir payer de loyer. On payait juste les charges.
Mon épouse prenait des cours de français et travaillait dans le restaurant. Ma mère voulait que ma femme prenne la relève du restaurant sauf que ma femme est l’exception qui confirme la règle concernant les qualités entrprenariales des femmes vietnamiennes.
Elle n’avait pas la bosse du commerce comme sa mère ou sa soeur ainée.

Entre temps, ma mère voulait absolument que nous achetions une maison alors que ma femme et moi-même n’etions pas trop pressés. Elle avait trouvé une maison alors que nous ne lui avions rien demandé. Il faut dire que la maison était parfaite. Je débutais à peine ma carrière bancaire et j’estimais qu’on avait pas les moyens de l’acheter, elle insistait en nous donnant l’apport nécessaire pour faire l’opération et la belle mère nous aiderait aussi. alors qu’on commençait à avoir des disputes de plus en plus frequente avec mon épouse, on a acheté la maison.
Nous allions donc devenir propriétaire en 2006, 2 ans à peine après l’arrivée de ma femme en France.

Malheureusement, son plan pour créer le bonheur parfait pour son fils n’allait pas fonctionner comme prévu.
Les relations entre mon épouse et ma mère se sont fortement tendues au restaurant et en 2007, mon épouse a décidé de démissionner.
Les disputes devenaient aussi de plus en plus frequente avec mon épouse et le point de non retour était atteint en 2009.

Je me souviens avoir appelé ma mère pour lui dire que j’allais me séparer.Elle était la première à le savoir. Elle n’a rien dit de particulier, pas de reproche me concernant ou la concernant à ce moment là.
Je ne voulais pas garder la maison, j’en avais pas les moyens et elle était devenu vraiment trop grande pour moi tout seul même si on louait les chambres du rez de chaussée. Et puis,de mauvais souvenirs y sont désormais attachés.
Elle voulait que je garde la maison et elle m’a fait une donation pour payer la soulte. En 2011, le divorce a été prononcé et j’ai gardé la maison.

Ma mère voulait tout simplement mon bonheur. Elle voulait aider son fils coute que coute. Mais le bonheur ne se commande pas. Son erreur aura peut être été de croire que son soutien financier suffirait à créer mon bonheur.

Dernière modification par Flairsou (02/01/2022 17h43)

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#73 02/01/2022 17h48

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Quelques questions qui me taraudent sur la vie au Vietnam :

Partout les gens klaxonnent pour signaler qu’ils sont là et quand ils "brûlent" une priorité (il n’y en a pas) ils klaxonnent plutôt que de tourner la tête. Ont-ils tendance à moins le faire ?

Globalement on voit pas mal d’endroits avec des déchets, les gens jettent où bon leur semble sans se préoccuper de ce que l’on nous rabache à longueur de temps. Mais pourquoi diable y a-t-il toujours des cartes éparpillées un peu partout ?
Mon cerveau d’européen ne peut le comprendre, un jeu dans lequel il manque une carte n’a plus aucun intérêt non !?


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#74 02/01/2022 18h00

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le klaxon, c’est leur façon de vous avertir de leur présence. Comme vous dites, vous avez un cerveau d’européen et le vietnamien, bah il a un cerveau de vietnamien. Et ils sont habitués d’agir de cette façon 😁. Autre chose aussi, ils ont tous eu leur permis de conduire dans une pochette surprise. Vous conduisez 3h autour d’un parc avec un petit backchiche et vous avez votre permis voiture. C’est comme ça que mon ex femme a obtenu son permis. En 2016, Un ami de mon père qui venait d’obtenir sa licence de taxi ne connaissait pas le chemin pour m’amener à l’aeroport et conduisait comme ma grand mère à moitié aveugle en calant plusieurs fois sa voiture.

concernant les papiers, tout simplement car les viets (hommes) sont crades de manière générale et irrespectueux. Et ce n’est pas une blague. Un exemple que j’ai personnellement vécu : vous faites la queue tranquillmement au supermarché pour payer en caisse et il y en a toujours un qui va griller la politesse à plusieurs personnes pour passer devant. Meme dans les villes les plus pourris de region parisienne, les gens sont mieux éduqués.

Pour les cartes, aucune idée.

Dernière modification par Flairsou (02/01/2022 18h02)

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[+1]    #75 02/01/2022 20h33

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Lausm a écrit :

Concernant le bouddhisme, j’ai suivi un jour un patient qui résidait à la pagode. Clairement parlant il m’a dit que le bouddhisme l’avait libéré de l’alcoolisme. Le moine responsable du temple l’avait mis à l’épreuve à l’ancienne, dans un récit digne des textes anciens du bouddhisme zen ou des arts martiaux: il avait fait déplacer un tas de sable par lui et ses deux compères. Deux jours après, rebelote, il dit que non, faut plutôt le mettre là. À la troisième fois les deux compères sont partis, et mon patient est resté. 7 ans après il était encore là.
Mais le truc le plus fort culturellement chez les viets est le culte des ancêtres. Pas une maison sans la photo des parents en hauteur avec un petit autel à encens à côté, en tous cas la lignée familiale est toujours en hommage dans le foyer.

Je vais trés peu à la pagode en France alors qu’il y en a à proximité de chez moi et bien que ça m’apaise à chaque fois que j’y vais.
Par contre, j’y vais systematiquement quand je suis au Vietnam. J’ai besoins d’y aller et de prier.
J’avais participé à une retraite bouddhiste avec mon ex belle-mère où on avait visité plusieurs temples bouddhistes plus ou moins reculé du Vietnam.  Je me sens à chaque fois apaisé et je me suis juré de refaire une retraite bouddhiste au moins une fois dans ma vie. En France, il y en une pagode très célèbre qui se trouve à Loubès Bernac, "le village des Pruniers". Le moine fondateur de ce village est très célèbre dans le monde entier, c’est "Thich Nhat Hanh". Il a ecrit enormement de livre sur le bouddhisme. Martin Luther King voulait proposer son nom pour le prix nobel de la paix en 1967.

Totalement d’accord avec vous concernant le culte des ancetres qui est trés ancré chez les vietnamiens.
Quand vous voyez des vietnamiens déposé un bol de riz avec de la viande et d’autres mets sur l’autel, c’est tout simplement pour donner à manger aux ancêtres. Une fois l’encens totalement brulé, cela veut dire qu’ils ont fini leur repas. On récupère la nourriture et on peut la manger.
Malheureusement, les générations de Viet Kieu qui sont nés en France ou à l’étranger perdent la perpetuation de ce culte. Et j’en fais parti moi qui ait vécu quasiment toute ma vie en France. Il n’est pas trop tard (en tout cas pour moi) et plus je vieillis plus je comprends le sens profond de ce culte.
Chacun peut avoir son interprétation, mais pour moi si je suis sur cette Terre, c’est grâce à mes ancêtres et aux ancêtres de mes ancêtres.Il faut les honorer pour les remercier, pour fêter les évènement important de notre vie, pour bénéficier de leur protection. ça peut paraitre trivial et evident mais c’est peut être aussi ça qui m’a permis de renouer avec mon père, moi qui m’étais promis de l’effacer de ma vie. Malgré la haine ou la colère que j’ai pu avoir à son encontre, je suis là grâce à lui.

Dernière modification par Flairsou (02/01/2022 20h35)

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